L’homme : un loup ou un « bon sauvage » ?… mercredi, Mar 23 2016 

En philosophe politique, l’adage selon lequel « l’homme est un loup pour l’homme » semble souvent considéré comme constituant une sorte de violation du sacro-saint concept du « bon sauvage » de Rousseau, selon lequel l’homme est bon au départ, et ne se trouve donc qu’à être corrompu par la société. Or, le simple fait de décrire ce paradoxe d’une façon on ne peut plus élémentaire, comme je viens de le faire, permet surtout de révéler que ces deux principes sont loin d’être contradictoires, et se trouvent même à dire bout de ligne la même chose !…

En effet, Rousseau semble le premier à reconnaître que l’homme n’est réellement bon que tant et aussi longtemps que ne s’est justement pas fait sentir l’effet plutôt néfaste de la civilisation, et ce en tout premier lieu à travers l’éducation, dont je me permettrais d’ajouter que celle-ci tend même à se rapprocher davantage d’une forme de déséducation, à mesure que la civilisation en question se trouve à « gagner » en complexité…

De toute façon, la plupart des philosophes dont provient réellement l’expression en question prenaient eux-mêmes bien soin de préciser que l’homme n’est pas non plus qu’un loup pour l’homme, à commencer par Thomas Hobbes, auquel la citation est habituellement attribuée, et qui précisait donc que l’homme « peut à la fois être un dieux et un loup pour l’homme ». La notion de dieu peut alors représenter d’une part les côtés bénéfiques de la civilisation, dont il faut avouer qu’ils sont quand même plutôt nombreux, et d’autre part le potentiel bien réel, mis davantage en lumière par Rousseau, qu’a l’humain de se développer de manière à devenir un être foncièrement bon, et dont l’action sur son entourage s’avèrerait nettement bénéfique.

Cela renverrait donc à autre vieille image, celle de l’ange et du démon au dessus de la tête de tout homme : en effet, il semblerait assez difficile de nier que l’homme porte à la fois en lui les germes d’une action constructive et ceux d’une action destructive… Il incombe alors à l’éducation de veiller à développer les uns plutôt que les autres, assez exactement comme tout bon jardinier s’emploie à arroser et favoriser les plantes utiles plutôt que les mauvaises herbes !…

Au fond, il ne s’agit essentiellement que de prendre réellement conscience de la nature de l’humain, dans toutes ses facettes, et notamment de reconnaître qu’il a au moins autant de potentiel à faire le mal qu’à faire le bien, afin d’être alors réellement en mesure d’agir en conséquence… et ce en commençant par ne plus sous-estimer l’importance on ne peut plus cruciale de l’éducation, elle qui se trouve ultimement à faire toute la différence à ce niveau, en ayant le pouvoir de faire croître les meilleurs côtés de l’homme, tout comme les pires.

Cette réalité ne pourrait d’ailleurs sans doute pas se voir mieux résumée qu’à travers la formulation de Plaute, le premier auteur à avoir réellement utilisé l’expression sur laquelle aura porté cet article, et qui semble donc s’avérer tout aussi pertinente aujourd’hui qu’en Antiquité : « l’homme est un loup pour l’homme, quand il ne se connaît pas lui-même »…

Charles-Olivier Bolduc

Solitude

Autoportrait d’un loup solitaire

23 mars 2016

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Pour remplacer Harper, il faut arrêter de nous diviser ! dimanche, Sep 20 2015 

unionfaitlaforce

Je ne devrais pas avoir besoin de convaincre qui que ce soit du fait que Stephen Harper devrait être remplacé. Dix ans d’un tel règne, c’est déjà beaucoup trop ; alors imaginez quinze !

Et le pire dans tout ça, c’est que c’est bel et bien ce qui se produira si nous continuons de voter comme nous l’avons toujours fait, au même titre que les mêmes causes finiront toujours par produire les mêmes effets…

C’est donc tout ce qu’il y a de plus prévisible, et c’est d’ailleurs ce qui se produit à chaque nouvelle élection fédérale : nous éparpillons nos votes d’un côté comme de l’autre, en les saupoudrant sur chacun des quatre partis d’opposition, puis l’on s’étonne et l’on ose se plaindre que le parti au pouvoir soit réélu avec un minimum de votes, ce qui ne pouvait pourtant faire autrement que d’arriver, dans la mesure où aucun autre parti n’aura ainsi pu se voir supporté d’une façon suffisamment forte et conséquente pour au moins avoir plus de votes que ce dernier.

J’ai personnellement été emmené à prendre conscience de cette dure réalité d’une manière aussi concrète que douloureuse, lors de l’élection de 2011, alors que j’étais moi-même candidat pour le Parti Vert : il faut avouer qu’il est en effet pour le moins embêtant, quand on souhaite promouvoir des valeurs telles que celles du Parti Vert, que de réaliser qu’on ne se trouve, au bout du compte, qu’à faciliter la réélection d’un gouvernement conservateur tel que celui de Stephen Harper !

Cela m’avait donc emmené à donner mon vote d’abord à Dany Morin du NPD, puis à Robert Bouchard du Bloc Québécois, pensant que c’était lui qui avait le plus de chances de remporter la circonscription, l’ironie du sort étant bien sûr que la vague orange aura alors décidé de déferler sur le Québec… Cela rappèle d’ailleurs que les sondages sont évidemment loin d’être parfaits ; ils n’en sont pas moins, et ce d’une façon toute aussi évidente, le meilleur indicateur des intentions de vote, et donc du candidat qui s’avère en meilleure posture pour battre celui du parti au pouvoir. Autrement dit, si, à travers tout le pays, nous nous donnions comme mot d’ordre de voter en fonction des sondages, ou si vous préférez de façon « stratégique », sans doute y aurait-il quelques petits faux pas, mais une chose est absolument certaine, et c’est qu’Harper serait alors immanquablement remplacé, d’autant plus que plus de 60 et près de 70 % des électeurs se trouvent à voter contre lui… Or en ne votant pas ensemble, ils ne réussissent justement qu’à créer la division qui permet à Harper de régner depuis déjà trois élections.

Cette dynamique, Harper lui-même l’avait manifestement compris mieux qui quiconque, en se donnant comme première priorité, du moment où il fut désigné chef du Parti progressiste-conservateur de Brian Mulroney, de fusionner celui-ci avec l’autre parti conservateur qu’il pouvait y avoir à l’époque, celui de l’Alliance Canadienne de Stockwell Day, ce qui aura d’ailleurs permis aux conservateurs de reprendre le pouvoir, et de le garder d’ailleurs jusqu’à aujourd’hui !…

Pour ma part, lorsque je parlais de ces choses, en 2011, j’avais surtout l’impression de prêcher dans le désert… Or c’est maintenant beaucoup moins le cas, notamment depuis que des initiatives populaires telles que Vote Together sont venues s’ajouter à d’autres qui existaient déjà, et notamment au site Threehundredeight.com ; une chose est sûre, et c’est qu’il n’y aura sans doute jamais autant eu d’outils permettant d’en savoir autant que possible sur les intentions de vote dans chacune des circonscriptions du pays, et donc sur le candidat pour lequel il faudrait voter, si notre but est réellement de défaire les conservateurs.

J’inviterais par ailleurs l’électeur à ne pas trop s’en faire avec le discours de leurs candidats progressistes, et qui tournera invariablement autour de la notion qu’il faudrait supposément voter « avec son coeur » : premièrement, ils n’ont même pas la possibilité de dire autre chose, puisque cela irait évidemment à l’encontre de leurs partis respectifs… Et deuxièmement, s’il est vrai que l’on pourrait idéalement pouvoir se permettre de décider avec son coeur, comme on pourrait par exemple le faire dans une démocratie proportionnelle (voire d’ailleurs l’article que j’ai justement rédigé à cet effet lors de la dernière élection fédérale), il semble bien qu’il faille parfois aussi savoir décider avec sa tête, lorsqu’on se trouve par exemple à devoir composer avec un système électoral vétuste et brisé comme le nôtre, et surtout lorsque l’on doit faire face à une menace telle qu’une nouvelle réélection d’Harper.

J’avoue que dans mon cas, il ne sera pas trop difficile de voter pour Dany Morin, apparemment favori jusqu’ici dans les intentions de vote, puisque j’ai toujours été sympathisant du NPD, dont les valeurs sont évidemment très proches de celles du Parti Vert, sans parler du fait qu’il s’agit d’un homme intègre qui me paraît faire un excellent travail de député. Mais le véritable courage, dans une élection comme celle-ci, ce serait d’aller jusqu’à voter, si c’est vraiment nécessaire, pour quelqu’un que l’on n’aime même pas nécessairement, et qui serait même associé à un parti dont on ne partage pas les idées, voire même auquel on serait carrément opposé !

De toute façon, quand on y pense, on ne peut pas nécessairement être si « mal pris » que ça puisque, si l’on considère les partis dont les candidats pourraient être en mesure de vaincre ceux d’Harper, dépendemment de la circonscription, tous sont progressistes, et partagent donc, à la base, un même « fonds commun » de valeurs et de priorités… ce qui rend justement d’autant plus absurde le fait qu’ils s’entêtent encore à se diviser entre eux !

Et on ne pourrait sans doute pas concevoir un exemple plus éloquent du fait qu’en démocratie, ça n’a en fait jamais été la responsabilité des partis ou de leurs représentants, mais bien des électeurs, que d’assurer la bonne marche du système, et ultimement de veiller à ce qu’en bout de ligne, ce soit surtout le bon sens qui finisse par triompher.

Charles-Olivier Bolduc
Ex-candidat pour le Parti Vert dans la circonscription de Chicoutimi-Le-Fjord

Couple et pays lundi, Juin 15 2015 

Lorsqu’il est question de couple, on ne saurait considérer la séparation en elle-même comme étant un scénario idéal. Pourquoi devrait-il en être différemment lorsqu’il est question de rien de moins qu’un pays ?

 

Peut-on vivre sans idéalisme ? dimanche, Mai 3 2015 

nofutureJ’ai souvent l’impression que le fait de rechercher ce qui est idéal n’est pour ainsi dire pas nécessairement à la mode, par les temps qui courent. En fait, il paraît même souvent déplacé de proposer ou même de concevoir qu’une façon de faire ou de penser puisse être meilleure qu’une autre, peut-être parce que cela représente une sorte d’hérésie par rapport au relativisme qui semble désormais devoir régir à peu près tous les aspects de nos vies. Plus globalement, ce n’est sans doute même pas une découverte que d’observer que l’idéalisme en tant que tel n’aie plus la cote, le cynisme l’ayant manifestement remplacé depuis longtemps.

Là ou je m’interroge, c’est cependant lorsque je me pose la question suivante : « peut-on seulement vivre ou fonctionner sans idéalisme, ou sans la notion que certaines choses soient meilleures que d’autres ? »

Car si l’on discrédite au départ la notion que l’on puisse rendre le monde meilleure, ne se trouve-t-on pas du même coup à enlever la pertinence à quelque forme de politique que ce soit, de même qu’à saper la base même du progrès, que ce soit notamment au niveau scientifique ou technologique ?

Et parlant de science, comment celle-ci pourrait-elle même exister sans cet axiome selon lequel certaines affirmations ou conclusions soient meilleure que d’autres, ou plus exactement que certaines soient fondées et donc vraies, tandis que d’autres soient au contraire carrément fausses ?

Cela me fait d’ailleurs penser au fait que l’on paraît se méfier de nos jours de toute forme d’argumentation rationnelle… Et comme de raison, il me semble que l’on n’aura sans doute jamais vu foisonner autant d’irrationalité, que ce soit dans les comportements ou les mentalités…C’est donc un peu comme si l’on voulait que la logique et la démarche scientifique se cantonne à l’univers strictement matériel, et ne s’aventure surtout pas dans ce qui compte le plus, soit nos façons de penser et d’agir… Autrement dit, tant que le progrès, la science et la logique nous livrent des téléphones cellulaires toujours plus petits et munis de toujours plus de gadgets, c’est correct, mais il ne faudrait quand même pas que cela nous force non plus à nous poser trop de questions, et surtout à nous remettre en question…

Pourtant, qu’y a-t-il de plus banal et familier que de dire, au magasin par exemple, que « telle chose est meilleure qu’une autre »… du moment ou l’on aura bien identifié (en principe d’une façon là encore rationnelle…) les critères de sélection devant guider son choix… N’est-ce pourtant pas la pure et simple logique qui se trouve à sous-tendre une démarche de ce type ? Et cet exemple ne démontre-t-il pas à quel point peuvent être intimement imbriquées à nos vies des actions aussi élémentaires que celle de faire un choix à l’issue d’un processus analytique, et celle de tendre ainsi vers ce qui représenterait donc la « meilleure » option ou solution, ne serait-ce que pour soi, et selon les critères que l’on aura soi-même définis ?

Alors quel sens pourrait-il y avoir à renier ce qui semblerait donc constituer rien de moins que l’un des fondements de notre existence ? Et si l’on peut tous appliquer la logique et la « recherche de ce qui est le mieux » à l’achat d’une simple paire de souliers, ne devrait-on donc pas pouvoir en faire au moins autant pour ce qui est de déterminer ce qui serait dans le meilleur intérêt de notre société, ou de l’humanité dans son ensemble ?

Charles-Olivier Bolduc

Dimanche, 2 mai 2015

États et nations : un monde qui a grand besoin de solutions… dimanche, Fév 15 2015 

Si l’on considère, comme certains, que le seul « deal » acceptable pour le Québec serait de se séparer du Canada, alors il faudrait sans doute, pour être conséquent, en déduire que l’Écosse devrait de même se séparer du Royaume-Uni, tout comme la Catalogne de l’Espagne, la Flandre de la Belgique, le Tibet de la Chine et les Kurdes de l’Iraq, pour ne nommer que ceux-ci… Car j’espère que l’on pourra justement s’entendre sur le fait que cette liste pourrait pratiquement se prolonger indéfiniment !…

Au fait, ne serait-il pas pour le moins intéressant d’essayer d’imaginer un peu à quoi pourrait ressembler la carte des pays, qui en compte déjà plusieurs centaines, la plupart ne s’avérant d’ailleurs que des micro-états plus ou moins inconnus de l’immense majorité des gens, si l’on devait systématiquement créer un nouvel État pour tout toute nation du monde ?

Et même là, que devrait-on alors faire des innombrables minorités ethniques qui, même sur un territoire majoritairement habité par une ethnie ou nation donnée et qui, en vertu de cette « règle de séparation systématique » évoquée plus haut, se serait ainsi constituée en État ? Ne pourraient-elles pas invoquer le même droit, ou du moins aspirer à pouvoir elles aussi se gérer elles-mêmes, de façon séparée et indépendante par rapport aux autres ethnies et États pouvant exister autour d’elles ?

D’ailleurs, n’est-ce pas précisément le genre de problème qui tend automatiquement à se manifester dès que se produit une nouvelle séparation, comme on a pu le constater en ex-Yougoslavie, pour ne citer que cet exemple ?

Et bien entendu, cela suppose de faire abstraction d’une autre façon de « résoudre le problème », ou plutôt de tenter de le faire, soit celle du « nettoyage ethnique », qui se sera ainsi vue la solution préconisée par l’ex-président de la Serbie, Slobodan Milosevic, pour ne citer, encore là, que cet exemple parmi tant d’autres, tout aussi déplorables ?

Devant toutes ces dérives potentielles, et plus globalement devant ce problème aussi international qu’ancien qu’est celui de l’ajustement des États en fonction des nations, ne deviendrait-il pas non seulement utile mais essentiel de tenter de développer, que ce soit au Québec ou ailleurs, des approches ou attitudes susceptibles de régler ledit problème d’une façon qui soit moindrement plus harmonieuse et surtout inclusive que celle consistant justement à systématiquement d’envisager toute autre option que la séparation ?

Charles-Olivier Bolduc

Faux sur internet, vrai sur papier ? samedi, Nov 29 2014 

vraioufauxÀ voire personnes rire à gorge déployée du moment où l’on admet qu’une information aurait été obtenue sur internet, il faut croire qu’une telle information, du moins selon les personnes en question, devrait automatiquement se voir considérée comme étant fausse…

J’imagine que l’on voudrait en fait dire qu’une affirmation serait beaucoup plus crédible si elle a été lue dans une publication officielle…

Si j’essaie de suivre ce genre de raisonnement jusqu’au bout, cela impliquerait donc que tout ce qui est sur internet serait par définition faux, tandis que tout ce qui est imprimé sur papier, à l’inverse, serait automatiquement vrai…

Et si je comprends bien, cela voudrait donc dire que si je devais copier le contenu d’un site internet puis le faire publier et imprimer, son statut pourrait ainsi passer soudainement de « faux » à vrai, de par la magie d’une telle opération ?

On me répondrait peut-être que les publications écrites ne sont en fait guère plus fiables que celles que l’on peut retrouver sur internet…

Et faudrait-il alors que je comprenne que l’on ne peut en fait pas croire en quoi que ce soit qui est affirmé en ce monde, puisque la totalité de ce qui est dit sur papier ou sur internet n’aurait en fait pas la moindre crédibilité ?

Sans doute me répondrait-on alors que les informations publiées tendent tout simplement à être quelque peu crédibles que celles qui abondent sur internet…

Mais du moment où l’on admet ainsi que même les publications écrites ne devrait pas nécessairement se voir considérées non plus comme étant à l’abri de toute mise en doute, ne se trouve-t-on pas, de par le fait même, à soudainement introduire dans notre raisonnement les notions de jugement et de sens critique ?

Or s’il ne s’agit en bout de ligne que de faire preuve de jugement et de sens critique, cela ne devrait-il pas impliquer qu’en vertu de telles facultés, on pourrait tout aussi bien en venir à juger qu’une information, et ce qu’elle provienne d’internet ou d’ailleurs, mérite en fait qu’on la voie comme ayant tout au moins une certaine validité ?

Et se pourrait-il donc, si je suis ce nouveau raisonnement jusqu’au bout, qu’au moins certaines des informations et affirmations présentées sur internet seraient en fait fondées et crédibles ?

Et qui sait, peut-être cela s’appliquerait même au présent article… Qu’on veuille le croire ou non !…

Charles-Olivier Bolduc
Samedi, 29 novembre 2014

Nature et karma lundi, Oct 20 2014 

Lorsqu’on est dur avec la terre ou la nature, tout comme d’ailleurs avec quoi ou qui que ce soit d’autre, on finit toujours par devoir payer pour cela un certain prix, et souvent plus tôt qu’on n’aurait pu le penser… Réciproquement, lorsqu’on traite la terre ou la nature avec soin et attention, on finit toujours par en récolter certains bénéfices, et souvent plus tôt qu’on n’aurait pu le penser…

La Terre et le Noir dimanche, Oct 19 2014 

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Quand on en fait un peu plus que d’autres en terme de protection de l’environnement et de mise en valeur de la matière organique, il arrive souvent que l’on soit jugé comme en faisant, ou comme s’en faisant « un peu trop »…

Pourtant, si la planète pouvait parler, je me demande si elle partagerait vraiment une telle perspective, ce qui, dans son cas, reviendrait un peu à dire : « Ah ! Mais pourquoi tu t’en fais pour ça pour moi ? Relaxe, man ! D’abord, je suis encore capable d’en prendre, non ? »…. Évidemment, nul n’a jamais entendu la terre parler comme nous le faisons, aussi il est embêtant de prétendre savoir ce qu’elle dirait, et pourtant, disons que je serais passablement surpris de l’entendre tenir un tel discours…

Car en fait, cela me ferait penser à un Noir qui, au temps de l’esclavage aux États-Unis, aurait répondu, après qu’on lui eut proposé de commencer à respecter ses droits à la liberté et à la dignité, comme finalement pour tout autre être humain (ou du moins tout autre citoyen américain !…). quelque chose comme : « Moi, respecter mes droits ? Pourquoi faire ! Mais non, je suis bien heureux comme ça ! Y a pas de problème ! »…

Et réciproquement, lorsqu’on assume que la Terre n’a pas nécessairement besoin de « tant de soins », cela serait, en mon sens, à mettre en parallèle avec le riche propriétaire terrien qui, toujours au temps de la ségrégation américaine, a pu convier le fond de sa pensée, tout en s’esclaffant d’une façon aussi innocente qu’empreinte de bonhomie, en déclarant qu’il : « faudrait quand même pas trop s’en faire avec les droits des Noirs, non ? »…

Or honnêtement, si vous aviez alors été un Noir, qu’auriez-vous alors pensé, et surtout comment vous seriez-vous senti en entendant proférer de tels propos ?

Charles-Olivier Bolduc

Samedi, 18 octobre 2014

L’azote, l’épée et la petite grenouille… mercredi, Oct 1 2014 

petitegrenouille

Du moment où l’on se fait apposer l’étiquette « d’écolo », il arrive souvent que l’on entende de drôles d’arguments provenant de ceux qui se cherchent des excuses pour ne pas modifier leur mode de vie. En voici justement un bon exemple.

L’autre jour, une personne de ma connaissance me disait ceci : « Du 20-20-20 (engrais chimique très répandu), c’est très biologique ! L’azote, il n’y a rien de plus naturel ! Même que c’est principalement d’azote que l’air est constitué ! »

Pour répondre à un tel « argument » de façon aussi concise que possible, je crois que personnellement, je dirais en fait ceci :

« Quelle pensée profonde et sophistiquée ! Au fait, pourquoi ne pas aller l’expliquer à tous les poissons et aux grenouilles qui meurent, quand leurs espèces ne s’éteignent pas carrément, à cause des engrais chimiques que la pluie finit par lessiver jusque dans leurs ruisseaux, avant de se voir acheminés dans les rivières, et enfin jusque dans la mer ? Ah, mais j’oubliais : ces petits êtres ne pourront pas vraiment vous entendre, puisque justement, ils sont morts !

Bon, j’avoue, pour fin d’argumentation, que les poissons et les grenouilles ne parlent pas, et qu’ils ne seraient donc pas en mesure d’entendre un tel discours, et encore moins d’y répondre… Mais à supposer qu’ils le soient, je crois que je pourrais fort bien imaginer la petite grenouille rétorquer quelque chose du genre : « C’est bien beau que tu trouves cela « naturel », les produits que tu me forces à ingérer, mais le seul petit problème, c’est que cela me fait mourir ! Autrement dit, cela ne m’avance pas à grand chose que tu les appelles « naturels » ou d’une autre façon, puisqu’en bout de ligne, ça me fait mourir pareil ! »… »

Si j’avais la possibilité de répondre deux fois à une telle ânerie, tout en poussant un peu plus loin mon raisonnement, je pourrais par ailleurs ajouter la petite allégorie suivante :

« Oui, c’est vrai, de l’azote, c’est bien naturel… Mais tu sais, le fer dont une épée est constituée, il est bien naturel aussi…. Sauf qu’une épée, comme chacun le sait, ça sert à tuer. Alors croyez le ou non, mais la preuve en est donc bel et bien faite, une bonne fois pour toute : oui, ce qui est naturel peut bel et bien tuer !… »

Ce qui nous emmène finalement à la question suivante : pourquoi ne pas chercher à vivre d’une façon qui puisse préserver et respecter la vie autour de soi, plutôt que de vivre d’une façon qui tue (tout en se cherchant des excuses bidons pour pouvoir continuer à le faire) ?

Charles-Olivier Bolduc

Mardi, 30 septembre 2014

La charrue et les bœufs jeudi, Sep 11 2014 

Voici ce qui semble malheureusement s’avérer une vérité universelle, et qui devrait résumer, d’une façon aussi succincte que possible, les constatations et raisonnements que j’ai pu partager lors d’un article précédent : en écologie comme dans tous les domaines similaires, plus on en fait, plus on se fait critiquer de ne pas en faire assez, tandis que les critiques viennent à peu près toujours de ceux qui en font moins que soi !

 

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