Pour ne pas intervenir en Lybie, la communauté internationale semble s’en être surtout remis au prétexte que le mouvement populaire ne serait pas capable de l’emporter sans aide extérieure, justement.

Ceci dit, je rêve du jour où, pour intervenir, la communauté internationale n’ait pas besoin d’autre prétexte que de constater qu’une telle intervention soit demandée par la population concernée, comme cela semble d’ailleurs être assez clairement le cas pour ce qui est de la Lybie.

Je rêve du jour où la communauté internationale n’aura pas besoin d’attendre qu’un combat soit gagné d’avance avant de se mouiller elle-même, puis de venir hypocritement prendre le mérite d’une victoire qui aura en fait été remportée par d’autres.

Je rêve du jour où les dirigeants politiques chercheront à faire autre chose que de déterminer qui sera le vainqueur, afin de savoir à qui il semblerait plus profitable d’offrir leur soutien. Ou autrement dit, je rêve du jour où l’on cherchera à faire mieux que de parier sur l’issue d’un conflit, et où le monde sera donc régi par une autre loi que celle du plus fort.

Je rêve du jour où la communauté internationale n’aura d’autre objectif que de faire appliquer la justice et le droit des peuples, et donc d’honorer la mission qu’elle s’est elle-même supposément donnée.

Ou autrement dit, je rêve du jour où la communauté internationale s’emploiera elle-même à faire autre chose de chercher les prétextes pouvant lui permettre de se défiler de ses propres obligations à la première occasion.

Je rêve donc du jour où la communauté internationale saura démontrer qu’elle poursuit en fait d’autres objectifs que celui de ne rien faire du tout.

Je rêve donc du jour où les humains sauront faire mieux que d’assister au massacre de leurs frères dans la plus totale indifférence, alors que ces derniers ne cherchent pourtant qu’à retrouver enfin leur liberté.

En fait, je rêve du jour où les humains sauront faire mieux que de regarder leurs frères se faire massacrer sans même lever le petit doigt.

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