Parfois, on pourrait croire que l’on considère les Pères de la Confédération comme des dieux. Et si ce n’est pas le cas, alors pourquoi le texte qu’ils auront pu rédiger, soit notre Constitution, devrait-il donc être traité comme un texte sacré ? Ou autrement dit, pourquoi devrait-il rester à jamais inchangé, comme si ce qui y est inscrit représentait des vérités immuables qu’on ne saurait jamais oser remettre en question ? Ou si tel n’est pas le cas, comment peut-on penser que ce qui pouvait représenter un consensus en 1867 pourrait toujours rester d’actualité, et ce même près d’un siècle et demi plus tard ? Et s’il s’avérait réellement possible qu’un tel texte puisse en effet s’appliquer encore en bonne partie, pourrait-on pour autant prétendre qu’il n’y ait pourtant rien du tout en ce texte qui mérite d’être ne serait-ce qu’un peu adapté à la réalité contemporaine ? Et si, en effet, une telle révision ne devrait donc que s’imposer d’elle-même, qu’est-ce qui pourrait donc nous retenir d’y procéder, sinon la peur du changement, tout simplement ?…

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