Deux bébés, deux mesures… jeudi, Juil 26 2012 

En ce moment même, le gouvernement québécois subventionne les multinationales que sont les alumineries de par l’octroi de tarifs préférentiels garantis par des contrats secrets..

Et pendant ce temps, il mène le combat contre les étudiants qui, selon le même gouvernement ainsi que ses supporteurs, commettent le crime insigne d’oser s’attendre à davantage de soutien de la part de l’État, et d’ainsi se cantonner dans la position de « bébé gâtés »…

Comment se fait-il donc que le fait de dépendre de l’État soit considéré d’une part comme étant tout à fait normal, sinon souhaitable, et que d’autre part il soit plutôt taxé d’hérésie, et jugé suffisamment répréhensible pour mériter des épithètes tels que celui de « bébé gâté » ?…

Comment le même comportement peut-il être perçu de deux manières aussi diamétralement opposées, et entraîner des réaction tout aussi contradictoires ?

Et si, en bout de ligne, l’État devait bel et bien se résoudre à « allaiter de ses mamelles » une certaine forme d’activité publique, et s’il lui fallait donc déterminer quel « bébé » serait le plus digne de son adoption, comment justifier le fait qu’il ait finalement jeté son dévolu non pas sur l’éducation, mais plutôt sur une activité industrielle qui, si elle n’était justement supportée par elle, s’avèrerait aussi peu rentable que polluante ?

Et comment, au départ, expliquer une décision consistant à prioriser des multinationales polluantes plutôt que nos propres étudiants ?

Pourquoi, en d’autres termes, s’acharner donc à maintenir sur un poumon artificiel un fossile de l’ère industrielle, surtout si, pour y arriver, il faut en fait priver d’air la prochaine génération, et compromettre ainsi son propre avenir

Car si une société peut se passer d’aluminium, peut-elle vraiment envisager pouvoir se passer d’éducation, du moins si elle entend continuer à justement constituer une société digne de ce nom ?

Et pour qui voudrait donc saboter son propre avenir, y aurait-il pourtant une meilleure cible à viser que l’éducation ?

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Et à propos des multinationales… dimanche, Juil 8 2012 

Est-ce vraiment un problème en soi qu’il existe une telle chose que de grandes compagnies multinationales ? Ou le véritable problème n’est-il pas surtout que la plupart des multinationales semblent témoigner aussi peu de considération envers l’environnement, quand ce n’est pas carrément envers les droits de la personne ?

Mais en y repensant, est-ce vraiment cela qui dérange le plus, ou n’est-ce pas plutôt le fait qu’il se trouve autant de gens pour acheter les produits de telles compagnies ?

Alors en bout de ligne, ce dossier ne représente-t-il pas qu’une occasion de plus de constater qu’avant de blâmer tout le monde autour de soi, on devrait peut-être commencer par se demander en quoi l’on pourrait être soi-même responsable des problèmes qui semblent pouvoir tant nous importuner ?

Le retour du balancier… mardi, Juil 3 2012 

Lors de ma dernière entrée, j’ai d’abord pris soin de condamner tout ce qui peut s’apparenter de près ou de loin à une guerre, ce qui semble malheureusement devoir s’appliquer également à l’actuel conflit étudiant…

Ceci étant dit…

Ne faut-il pas reconnaître qu’il semble y avoir quelque chose de quelque peu outrageux, pour le moins qu’on puisse dire, dans l’obstination avec laquelle les Baby Boomers semblent vouloir surtout s’accaparer tout qu’il peut y avoir, ou plutôt tout ce qu’il peut rester de richesse collective, même si cela doit revenir en bout de ligne à affamer leurs propres enfants ?

Et compte tenu de tous les avantages dont les Baby Boomers ont pu eux-mêmes bénéficier tout au long de leur vie, n’y a-t-il pas, dans une telle obstination, de quoi rendre pratiquement mal à l’aise ?

Car après tout…

Les Baby Boomers n’ont-ils pas été les premiers à bénéficier de frais de scolarité des plus avantageux ?

Et de leur temps, n’auront-ils pas eu tous les emplois pour eux, et pas n’importe quels, puisque c’était alors la norme et non l’exception de pouvoir se trouver un emploi stable et à temps plein, ou en d’autres termes un emploi de première qualité ?

D’ailleurs, ne continuent-ils pas, en bonne partie, de jouir de tels emplois, tandis qu’il ne reste aux jeunes qu’à ramasser les miettes que représentent les emplois instables ou à temps partiel, quand bien sûr ils ont la chance de pouvoir se trouver un emploi ?

En plus de cela, les Baby Boomers n’ont-ils pas pu jouir d’une croissance économique directement reliée à leur nombre, tandis que les jeunes doivent plutôt faire face à une situation de décroissance économique généralisée ?

Or, plutôt que de voir le moindre signe de solidarité de la part des Baby Boomers, ne peut-on pas plutôt les voir rechigner à leur accorder quoi que ce soit qui puisse moindrement représenter une forme d’assistance à ceux qui s’avèrent ni plus ni moins que leurs propres enfants ?

Pire que cela, ne semblent-ils pas s’être carrément empressés à faire d’abord porter aux jeunes le fardeau d’un endettement collectif dont ils sont pourtant directement responsables ? Car comment pourrait-on donc interpréter différemment le fait de s’attaquer en premier lieu aux frais de scolarité pour balancer le budget, comme si l’éducation n’était pourtant pas sensée constituer la priorité ultime de toute civilisation digne de ce nom ?

Ainsi, n’est-il pas pour le moins paradoxal de voir d’une part les Baby Boomers s’accrocher aux privilèges pouvant leurs assurer une retraite dorée, alors que d’autre part les jeunes, qui en principe représentent rien de moins que l’avenir de la société sont, pour la plupart, pour le moins incertains de pouvoir jamais connaître une prospérité qui puisse même se rapprocher de celle qu’auront pu connaître leur aînés ?

Alors au départ, les Baby Boomers n’ont-ils pas été les premiers à avoir « tout cuit dans le bec » ?

Et leur façon de traiter les jeunes d’aujourd’hui de « bébés gâtés » ne semble-t-il pas relever carrément de la mauvaise foi ?

Et en ce sens, se pourrait-il donc que le mouvement étudiant, comme tous les autres mouvements de jeunes auxquels on peut actuellement assister à travers le monde entier, ne constituerait en bout de ligne qu’un simple retour du balancier ?

N’avons-nous pas tout simplement atteint notre objectif ? mardi, Juil 3 2012 

Le seul petit problème que je vois, en ce qui concerne le conflit étudiant, c’est qu’il s’agit selon toute apparence de rien de moins qu’une guerre, et comme toutes les guerres, il ne peut sans doute mériter ultimement que d’être déploré. Car que révèle le fait même de se retrouver en guerre, sinon que des étapes préalables intrinsèquement plus pacifiques et potentiellement plus constructives se seront forcément vues « brûlées », ou en d’autres termes soit sautées ou négligées ? Car autrement, comment aurions-nous donc pu se retrouver en guerre au départ, si la notion de trouver un terrain d’entente avait réellement constitué une priorité pour chacune des parties impliquées ?

Mais en fait, si la guerre était ce qui en bout de ligne était réellement recherché par tous et chacun, alors peut-on vraiment s’étonner que l’on ait justement pu atteindre le seul objectif sur lequel nous aurons apparemment pu nous entendre, soit la guerre en tant que telle ?

Et ne reste-t-il donc pas qu’à rêver, une fois de plus, du jour où l’être humain recherchera en premier lieu la conciliation, l’union l’harmonie et l’avancement de la société plutôt que la confrontation, la division, le chaos et la destruction ?