À quoi cela servirait-il donc de s’évertuer à paraître « normal » dans une société névrosée ?

Car en supposant que notre société soit névrosée, est-ce qu’une personne saine d’esprit n’aurait pas alors toute les chance de paraître « anormale » puisque différente et, de par le fait même, « en dehors des normes » ? Et dans un tel contexte, ne deviendrait-il pas à toute fin pratique rassurant et même élogieux d’être jugé « anormal » ?

Ainsi, tout ne repose-t-il pas sur la question de savoir si notre société est bel et bien névrosée ?

Si l’on devait donc juger qu’en ce moment, tout va pour le mieux dans le meilleur des monde, le fait d’être considéré comme étant « normal » ne pourrait assurément qu’être une bonne chose…

Mais si l’on pense plutôt que tout, dans la société actuelle, n’est peut-être pas si rose qu’on voudrait bien nous le faire croire, et si l’on peut même aller jusqu’à admettre que notre modèle politique et économique et social apparaît comme n’étant tout simplement pas viable, alors ne devrait-on pas tout de même y penser à deux fois avant d’adhérer à ce qui pourrait être défini comme le « normalité » au sein d’une telle société ?

En d’autres termes, pourquoi vouloir passer pour « normal », si la « norme » elle-même mérite surtout d’être remise en question ?

Charles-Olivier B. Tremblay

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