slave-whipping

Quand on en fait un peu plus que d’autres en terme de protection de l’environnement et de mise en valeur de la matière organique, il arrive souvent que l’on soit jugé comme en faisant, ou comme s’en faisant « un peu trop »…

Pourtant, si la planète pouvait parler, je me demande si elle partagerait vraiment une telle perspective, ce qui, dans son cas, reviendrait un peu à dire : « Ah ! Mais pourquoi tu t’en fais pour ça pour moi ? Relaxe, man ! D’abord, je suis encore capable d’en prendre, non ? »…. Évidemment, nul n’a jamais entendu la terre parler comme nous le faisons, aussi il est embêtant de prétendre savoir ce qu’elle dirait, et pourtant, disons que je serais passablement surpris de l’entendre tenir un tel discours…

Car en fait, cela me ferait penser à un Noir qui, au temps de l’esclavage aux États-Unis, aurait répondu, après qu’on lui eut proposé de commencer à respecter ses droits à la liberté et à la dignité, comme finalement pour tout autre être humain (ou du moins tout autre citoyen américain !…). quelque chose comme : « Moi, respecter mes droits ? Pourquoi faire ! Mais non, je suis bien heureux comme ça ! Y a pas de problème ! »…

Et réciproquement, lorsqu’on assume que la Terre n’a pas nécessairement besoin de « tant de soins », cela serait, en mon sens, à mettre en parallèle avec le riche propriétaire terrien qui, toujours au temps de la ségrégation américaine, a pu convier le fond de sa pensée, tout en s’esclaffant d’une façon aussi innocente qu’empreinte de bonhomie, en déclarant qu’il : « faudrait quand même pas trop s’en faire avec les droits des Noirs, non ? »…

Or honnêtement, si vous aviez alors été un Noir, qu’auriez-vous alors pensé, et surtout comment vous seriez-vous senti en entendant proférer de tels propos ?

Charles-Olivier Bolduc

Samedi, 18 octobre 2014

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