Si l’on considère, comme certains, que le seul « deal » acceptable pour le Québec serait de se séparer du Canada, alors il faudrait sans doute, pour être conséquent, en déduire que l’Écosse devrait de même se séparer du Royaume-Uni, tout comme la Catalogne de l’Espagne, la Flandre de la Belgique, le Tibet de la Chine et les Kurdes de l’Iraq, pour ne nommer que ceux-ci… Car j’espère que l’on pourra justement s’entendre sur le fait que cette liste pourrait pratiquement se prolonger indéfiniment !…

Au fait, ne serait-il pas pour le moins intéressant d’essayer d’imaginer un peu à quoi pourrait ressembler la carte des pays, qui en compte déjà plusieurs centaines, la plupart ne s’avérant d’ailleurs que des micro-états plus ou moins inconnus de l’immense majorité des gens, si l’on devait systématiquement créer un nouvel État pour tout toute nation du monde ?

Et même là, que devrait-on alors faire des innombrables minorités ethniques qui, même sur un territoire majoritairement habité par une ethnie ou nation donnée et qui, en vertu de cette « règle de séparation systématique » évoquée plus haut, se serait ainsi constituée en État ? Ne pourraient-elles pas invoquer le même droit, ou du moins aspirer à pouvoir elles aussi se gérer elles-mêmes, de façon séparée et indépendante par rapport aux autres ethnies et États pouvant exister autour d’elles ?

D’ailleurs, n’est-ce pas précisément le genre de problème qui tend automatiquement à se manifester dès que se produit une nouvelle séparation, comme on a pu le constater en ex-Yougoslavie, pour ne citer que cet exemple ?

Et bien entendu, cela suppose de faire abstraction d’une autre façon de « résoudre le problème », ou plutôt de tenter de le faire, soit celle du « nettoyage ethnique », qui se sera ainsi vue la solution préconisée par l’ex-président de la Serbie, Slobodan Milosevic, pour ne citer, encore là, que cet exemple parmi tant d’autres, tout aussi déplorables ?

Devant toutes ces dérives potentielles, et plus globalement devant ce problème aussi international qu’ancien qu’est celui de l’ajustement des États en fonction des nations, ne deviendrait-il pas non seulement utile mais essentiel de tenter de développer, que ce soit au Québec ou ailleurs, des approches ou attitudes susceptibles de régler ledit problème d’une façon qui soit moindrement plus harmonieuse et surtout inclusive que celle consistant justement à systématiquement d’envisager toute autre option que la séparation ?

Charles-Olivier Bolduc

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