Un réel effondrement économique mondial serait-il donc envisageable ? jeudi, Juin 12 2014 

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Il m’est récemment apparu plutôt frappant de constater, après avoir parlé d’économie mondiale (!) avec certaines personnes de mon entourage, à quel point peuvent converger non seulement leur perception et la mienne, mais également celles de plusieurs experts de la question.

Un constat plutôt essentiel se dégage en fait de toute cette « réflexion collective », à savoir que s’il semble y avoir une faille majeure de l’économie actuelle, c’est que tout y est devenu systémique, de sorte qu’il suffit désormais qu’un bogue moindrement significatif affecte ne fut-ce qu’un seul des aspects fondamentaux de l’économie pour que celle-ci se mette à déraper… Et comme l’économie mondiale est toujours plus « intriquée », des dérèglements généraux peuvent être occasionnés par des « bogues » qui, du moins au départ, pouvaient paraître de moins en moins globaux… S’il avait donc fallu, au début des années 90, que toute l’économie asiatique entre en crise économique pour que le monde entier en ressente les contrecoups, nous avons vu en 2008 qu’il n’a fallu que ce qui n’était au départ qu’une simple crise immobilière, d’abord restreinte aux États-Unis, pour que le monde entier finisse par sombrer dans un ralentissement économique dont nous ne paraissons même pas encore nous être redressés…

Par ailleurs, on pourrait dire que l’économie mondiale se comporte de plus en plus comme s’il s’agissait d’une énorme Bourse, avec toutes les fluctuations et les bulles spéculatives que cela peut impliquer. Après tout, ce n’est pas nécessairement si étonnant, puisque l’économie mondiale s’avère de plus en plus intiment associée, voire enchaînée à la Bourse elle-même, ce qui en soi contribue à accentuer fortement l’ampleur des dérapages lorsqu’ils se produisent. La crise de 2008 en a bien sûr été un exemple éloquent, car tous ont alors pu réaliser que si ce n’avait été des excès des marchés boursiers et des institutions financières, excès que tous se sont empressés de qualifier d’inacceptables (quoique seulement une fois la crise déclenchée, et donc une fois qu’il était beaucoup trop tard pour qu’un tel constat puisse servir à quoi que ce soit…), la crise immobilière américaine n’aurait jamais connu de telles proportions, et n’aurait sans doute même pas eu lieu au départ.

Si la crise de 2008 nous aura permis en bout de ligne de tirer des conclusions aussi fondamentales qu’irréfutables, c’est premièrement que l’économie capitaliste actuelle est loin d’être à l’abri d’une crise majeure, au cas où certains en doutaient encore, et deuxièmement qu’une telle crise peut manifestement se voir causée d’une façon des plus inattendue, comme en atteste le fait qu’à peu près personne n’avait vu venir celle de 2008.

Mais si maintenant nous tentions justement d’être un peu plus prévoyants qu’en 2008, et si nous tentions en fait d’identifier les facteurs qui seraient les plus susceptibles de pouvoir engendrer une prochaine dérive, sur quoi notre attention pourrait-elle donc se poser ?

Le choix est en fait difficile, car ce n’est pas comme si le monde manquait présentement de problèmes, et plus précisément de problèmes assez sérieux pour s’avérer susceptibles d’affecter sérieusement l’économie mondiale dans son ensemble…

Mais s’il est un facteur qui risquerait de ressortir d’entre les autres, c’est bien sûr le prix du pétrole, pour ne mentionner que cette ressource en particulier. En effet, la valeur économique de l’or noir ne pourra faire autrement que de continuer à grimper en même temps que sa rareté, et peut-être même d’une façon carrément exponentielle, dans la mesure où, d’une part, il s’agit d’une ressource non-renouvelable, tandis que nous en sommes d’autre part toujours plus dépendants, l’activité économique mondiale croissant à un rythme toujours plus grand et demandant donc de plus en plus de pétrole, alors que les réserves pétrolifères existantes sont toujours plus difficiles d’accès, et donc couteuses à exploiter.

On pourrait être porté à se dire que le prix du pétrole pourra bien continuer à gonfler indéfiniment, et qu’à la limite, ce ne serait que d’autant plus « dommage » pour notre portefeuille individuel… Sauf que le vrai problème, c’est qu’en continuant à enfler de la sorte, celui-ci ne pourra faire autrement que d’éventuellement atteindre un seuil à partir duquel l’économie ne pourra plus s’adapter… Le moins pire qui pourra se produire serait alors un ralentissement général ; or, c’est justement à partir de là que les choses risqueraient de se compliquer tout autrement plus sérieusement…

En premier lieu, nous savons tous qu’un ralentissement tend habituellement à s’alimenter de lui-même, ne serait-ce que pendant une période plus ou moins prolongée. En second lieu, des mesures de stimulation économique étatiques ne pourront vraisemblablement plus être envisagée, étant donné que la plupart des États à travers le monde, y compris le nôtre, ont à peu près fini d’utiliser en 2008 toute la « marge de crédit » dont ils disposaient, sans que cela ait d’ailleurs permis à l’économie mondiale de réellement se relever. En troisième lieu, il faut garder en tête qu’une réelle pénurie de pétrole aurait pour effet de non seulement compliquer sérieusement  la relance économique, mais de faire disparaître l’une des assises les plus fondamentales sur laquelle l’économie mondiale a pu reposer jusqu’ici soit l’accès à du pétrole à bon marché….

Si cela n’est alors pas suffisant en soit, il ne restera plus qu’à attendre qu’un des autres maillons de la chaîne économique lâche pour de bon pour que l’on puisse assister à un déraillement global d’une ampleur plus grande qu’à peu près tout ce qu’on a pu voir jusqu’ici…

Se pourrait-il donc, en ce sens, qu’il nous faille déjà commencer à nous préparer à la possibilité d’avoir à vivre la transition, et ce d’une façon plus ou moins abrupte, à une ère post-pétrolière et donc post-industrielle, comme nous en préviennent d’ailleurs des institutions comme le Club de Rome où le mouvement des Villes en Transition, pour ne nommer que celles-ci ?

Une chose paraît on ne peut plus claire, en tout cas, et c’est que le pétrole à bon marché, comme toute « bonne » chose, connaîtra forcément une fin, un jour ou l’autre… Alors le « gros bon sens » le plus élémentaire ne commanderait-il pas d’au moins commencer à s’interroger sur ce que l’on pourrait ou devrait faire à partir d’un tel moment, plutôt que de continuer, comme nous le faisons présentement, à faire comme si de rien n’était ?

Charles-Olivier B. Tremblay

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Et à propos des multinationales… dimanche, Juil 8 2012 

Est-ce vraiment un problème en soi qu’il existe une telle chose que de grandes compagnies multinationales ? Ou le véritable problème n’est-il pas surtout que la plupart des multinationales semblent témoigner aussi peu de considération envers l’environnement, quand ce n’est pas carrément envers les droits de la personne ?

Mais en y repensant, est-ce vraiment cela qui dérange le plus, ou n’est-ce pas plutôt le fait qu’il se trouve autant de gens pour acheter les produits de telles compagnies ?

Alors en bout de ligne, ce dossier ne représente-t-il pas qu’une occasion de plus de constater qu’avant de blâmer tout le monde autour de soi, on devrait peut-être commencer par se demander en quoi l’on pourrait être soi-même responsable des problèmes qui semblent pouvoir tant nous importuner ?

Si l’on ne peut même pas gérer l’économie… mercredi, Juil 13 2011 

Comment pourrait-on même espérer pouvoir gérer correctement notre environnement, alors que l’on ne semble même pas être en mesure de gérer notre économie ?
Voir d’ailleurs les articles suivants…
Guy Verhofstadt: «J’accuse»
Crise de l’euro – La contagion

et

Will Americans ‘do the right thing’ on debt? – Jeffrey Simpson
In debt talks, Republicans refuse to lead – Globe Editorial
Le compte à rebours est amorcé
Les yeux tournés sur le 2 août

Après la fête, la facture

Le douzième commandement

Obama fait monter les enchères
Tu ne hausseras point les impôts
États-Unis – L’impasse

 

 

De quelle compétence parle-t-on ?… dimanche, Mai 1 2011 

Sur quoi se base-t-on au juste pour affirmer que les Conservateurs sont les mieux placés pour gérer l’économie ?

Ne sait-on pas que le gouvernement fédéral nageait dans les surplus avant l’arrivée d’Harper, qui a tôt fait de plutôt replonger les finances publiques dans le déficit, de sorte que celui-ci serait passablement moins élevé en ce moment si notre argent avait été géré d’une façon moindrement plus responsable ?

Ne sait-on pas aussi que si le Canada a si bien traversé la récession, c’est d’abord et avant tout parce que notre système bancaire est tout simplement mieux encadré qu’ailleurs ; or cela, est-ce vraiment à Harper qu’on le doit, ou plutôt au gouvernement libéral de Jean Chrétien, et plus précisément à son ministre des finances Paul Martin ?

Et si le gouvernement Harper s’est finalement résigné à adopter un plan d’intervention pour faire face à ce que nos voisins Américains appellent la Grande Récession, n’est-ce pas surtout parce qu’ils y auront en fait été forcé par les partis d’opposition, qui autrement auraient fait tomber le gouvernement ?

Et tant qu’ils n’ont pas été ainsi acculés au pied du mur, les Conservateurs ne s’entêtaient-ils pas plutôt à reproduire la même erreur qu’ils avaient pu commettre face à la Grande Dépression des années 1930, à savoir ne rien fait du tout ?

Ainsi, qu’est-ce que les Conservateurs auront démontré savoir faire au juste, en matière économique, à part de ne justement rien faire, ou de gaspiller allègrement les fonds publics, tout en s’attribuant le mérite pour des actions qui auront été en fait posées par d’autres ?

Et devant un tel constat, comment se fait-il donc qu’on leur accorde encore quelque crédibilité que ce soit, surtout en ce qui concerne l’économie ?

Serions-nous donc incapables de voir les faits pour ce qu’ils sont, ou aurions-nous tout simplement oublié ce qu’il en est ?

Ou encore, à force d’entendre les Conservateurs se prétendre les meilleurs au monde, aurions-nous donc fini par les croire, même si l’on vient pourtant de voir que c’est pourtant assez loin d’être le cas, pour le moins qu’on puisse dire ?

Et ne suffit-il donc que de propager des faussetés pour réussir à duper la population canadienne ?

J’ose espérer que celle-ci saura plutôt nous prouver le contraire le 2 mai.

Le libre-marché : nécessaire, mais pas suffisant !… samedi, Mar 19 2011 

Le libre-marché est la base sans laquelle il serait sans doute difficile de concevoir qu’une économie puisse fonctionner d’une façon qui s’avère ne serait-ce que moindrement saine. Ceci dit, s’il est un autre constat qui aura pu être validé par l’expérience, et notamment par l’expérience de la récente crise économique, c’est que l’on ne peut non plus s’en tenir à cette seule base sans courir le risque de connaître des problèmes majeurs, et ceci tant au niveau économique en tant que tel qu’aux niveaux humains et environnementaux. Ainsi donc, il semblerait que, pour assurer le bon fonctionnement d’une économie, on n’ait d’autre choix que de veiller à ce que le libre-marché soit encadré d’une variété de façons, et donc complété par tout un ensemble d’autres approches, à commencer par une réglementation suffisante et efficace. Cependant, de telles approches pourraient tout aussi bien inclure la redistribution de richesse et plus spécifiquement un système de taxation permettant surtout d’assurer que les chances de réussir soient aussi égales que possible pour tous, notamment en rendant des services de base comme l’éducation, la santé, le crédit ou le logement aussi accessibles que possible. À cette courte liste pourraient d’ailleurs s’ajouter la propriété collective de certains biens et services, notamment à travers le coopératisme, et on pourrait même parler du syncalisme, pour ne mentionner que ces approches-ci.

Autrement dit, si on ne saurait imaginer une économie fonctionner sans libre-marché, on ne saurait sans doute pas plus imaginer de libre-marché qui puisse fonctionner sans un certain encadrement et donc un certain contrôle, et surtout sans que l’on démontre une certaine capacité de vision qui puisse notamment permettre d’effectuer les interventions appropriées en réponse aux problématiques qui peuvent se présenter, et ce idéalement avant même que celles-ci n’aient justement eu le temps d’arriver.

Mais en bout de ligne, cela ne revient-il pas simplement à affirmer qu’un outil quelconque, aussi bon puisse-t-il être, ne saura produire vraiment de bons résultats que dans la mesure où l’on sait bien l’utiliser ? Et savoir bien utiliser un outil, cela ne revient-il pas en fait à savoir l’utiliser au bon moment, et à savoir tout aussi bien déterminer le moment où, pour effectuer une tâche, il vaudrait mieux tout simplement changer d’outil ?…

Et surtout, y a-t-il vraiment qui que ce soit qui puisse concevoir que, pour accomplir une tâche quelconque, il puisse suffire de laisser l’outil faire tout le travail par lui-même, sans que la main n’exerce ne serait-ce qu’un minimum de contrôle, et surtout, sans qu’il y ait quelque part une quelconque présence intelligente qui puisse assurer que l’outil soit utilisé de façon à vraiment pouvoir accomplir la tâche qu’il est sensé effectué, et donc d’une façon qui soit ne serait-ce que moindrement intelligente, justement ?…

Et si il n’est sans doute aucun atelier dans lequel des principes aussi fondamentaux ne seraient pas respectés, comment se fait-il donc que l’on ait tant de mal à les appliquer lorsqu’il s’agit pourtant de rien de moins de l’économie de la planète en entier ?…

Voir d’ailleurs l’article suivant, en complément à cette discussion…
Stoppé dans son élan

La spéculation samedi, Jan 8 2011 

 

Que se trouve-t-elle donc à encourager, sinon le bénéfices de quelques uns, au dépens de tous les autres, et même de l’économie dans son ensemble ?…

L’avantage premier du modèle coopératif sur le modèle corporatiste vendredi, Jan 7 2011 

 

Pendant qu’à peu près toutes les économies possibles sont réalisées à toutes les étapes de la production, les hauts dirigeants continuent d’engranger des profits souvent astronomiques. Comment cela ne pourrait pas constituer une perte de revenus, pour les autres employés comme pour l’entreprise, du moins jusqu’à un certain point ?…

Les salaires des patrons : l’ultime aberration mercredi, Jan 5 2011 

 

Quel intérêt un chef d’entreprise a-t-il donc à gérer son entreprise avec prudence, ou encore à prendre des risques prometteurs pour cette dernière, quand de toute façon celui-ci n’a rien à perdre ou à gagner, puisque son salaire, en plus de n’être pas nécessairement relié à la performance de l’entreprise, est de toute façon si élevé qu’il rend pratiquement insignifiant tous les avantages qui pourraient être reliés à une quelconque prise de risque, ou à une meilleure performance de l’entreprise ?…

Le dernier des derniers mardi, Nov 23 2010 

 

Il semblerait qu’ici, au Québec, l’on aime bien se comparer à des pays comme la Grèce ou encore le Portugal, en ce qui concerne le gouffre budégaire dans lequel de tels pays ont pu s’enfoncer. Or, n’est-il pas pour le moins intéressant de constater qu’au Portugal, par exemple, on semble pratiquement tenir le même discours qu’ici, alors que les autorités en place ne trouvent mieux à faire que de prétendre que le pays “n’a aucun problème avec son système financier”, et vont en fait jusqu’à se comparer eux-mêmes à d’autres pays, en se disant qu’il n’y aurait “aucun rapport entre le Portugal et l’Irlande” ?…

S’il peut s’avérer facile et commode de se comparer à d’autres qui pourtant se trouvent à vivre une situation pratiquement équivalente à la nôtre, ne faut-il pas tout de même admettre qu’il est pour le moins ironique de constater que ces “autres”, auxquels on se plaît à se comparer, ne semblent pas non plus avoir pu trouver de meilleure stratégie que de finir se trouver un autre auquel se comparer lui-même ?…

Et si les derniers de classe ne trouvent jamais mieux à faire que de se comparer entre eux, à quoi peuvent-ils donc en fait aspirer, si ce n’est de ne finir que par devenir le “dernier des derniers” ?…

Toute solution n’est pas nécessairement la meilleure mercredi, Nov 3 2010 

 

Face à une crise, comme à n’importe quel problème, on s’entend qu’il faille toujours bien faire quelque chose. Ceci dit, est-ce pour autant une raison pour faire n’importe quoi ?…

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