Le Québec : champion de l’ingratitude jeudi, Mai 24 2012 

Lors de l’entrée précédente, nous avons mis en évidence le caractère pour le moins « douteux » associé au fait de rechercher la division plutôt que l’union, dans la mesure où cela peut notamment nous emmener à nous séparer de ceux qu’on pouvait auparavant percevoir comme nos propres frères.

Mains du moment où l’on porte notre attention sur le cas d’un de ces «peuples frères » en particulier, soit celui des Acadiens, le fait d’avoir finalement abandonné ces derniers à leur sort ne paraît-il pas relever de la pure ingratitude, étant donné le sacrifice historique incomparable que le peuple Acadien aura su endurer, et ce pour nulle autre raison, au bout du compte, que d’avoir osé manifester leur solidarité à notre égard ?

Et si, en effet, on se donnait la peine de relire un peu ce fragment de leur histoire qui, comme on vient de le voir, se trouve aussi à représenter un fragment de la nôtre, puisque nous semblons manifestement avoir grand besoin de nous rafraîchir la mémoire…

 

Dans le traité d’Utrecht de 1713, la France céda aux Anglais cette portion de l’Acadie qui est maintenant la Nouvelle-Écosse (moins l’île du Cap-Breton). En 1754, le gouvernement britannique, n’acceptant plus la neutralité précédemment tolérée des Acadiens, demanda qu’ils prêtent un serment d’allégeance absolu à la couronne britannique, ce qui revenait à exiger des Acadiens qu’ils acceptent de prendre les armes contre les habitants du Québec français. Les Acadiens refusèrent cette perspective de combattre les membres de leurs familles en territoire français, et pensèrent, le monarque britannique étant chef d’une église anglicane regardée comme aussi hérétique que le calvinisme, que ce serment compromettrait à long terme leur culte catholique, face aux rites protestants. Le colonel Charles Lawrence ordonna la déportation massive des Acadiens, sans autorisation formelle de Londres et en dépit d’avertissements des autorités britanniques contre une réaction draconienne. L’historien John Mack Faragher utilisa le terme contemporain de nettoyage ethnique pour décrire cette mesure.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Acadiens

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Union ou séparation ? jeudi, Mai 24 2012 

En nous donnant comme objectif le respect et l’intégration de la langue et de la culture canadienne-française au sein de la fédération canadienne, on se trouve à parler au nom de tous les francophones du pays, et on contribue en fait à consolider celui-ci…

Cependant, du moment où l’on ne parle que de la séparation du Québec, on se trouve en fait à séparer du même coup nos préoccupations de celles des Acadiens et de tous les autres francophones du Canada, pour finalement ne pas faire davantage que nous refermer sur nous-mêmes, et sur un « nous-mêmes » qui est en fait défini selon le sens le plus strict et restrictif que l’on aurait pratiquement pu envisager…

Cela ne devrait-il pas pourtant suffire pour indiquer qu’il y a quelque chose qui cloche avec le fait de souhaiter au départ la séparation plutôt que l’union ?

Bon pour les autres, mais pas pour nous ? samedi, Fév 18 2012 

Jusqu’ici, toutes les tentatives de réconciliation entre Israéliens et Palestiniens ont échoué, mais nul, hormis les extrémistes, ne semble pourtant remettre en question la pertinence d’entretenir un processus de négociation dans l’espoir d’en arriver un jour à quelque chose comme une paix entre ces deux peuples.

Pourquoi remplacer ce qui peut être réparé ? jeudi, Jan 19 2012 

Du moment où l’on réalise qu’une fédération, et surtout une confédération, ne représente rien de plus, ni rien de moins qu’une tentative d’accommoder autant que possible les États membres dans leur besoin naturel d’auto-détermination, ne s’avère-t-il pas alors plutôt bizarre de voir certains souverainistes si empressés de sortir de la fédération qu’il semble n’y avoir pour eux d’autre moyen que celui-là pour que l’État fédéré qui est le leur puisse retrouver les pouvoirs qui sont pourtant sensés être ceux de tout État digne de ce nom ?

Ainsi, dans la mesure où toute bonne fédération ne devrait pourtant avoir d’autre but que de justement permettre autant que possible à ses États membres d’exercer leur propre souveraineté, devrait-il donc y avoir quoi que ce soit d’autre à faire, advenant qu’un tel but serait perçu comme n’étant pas atteint, ou advenant plus précisément que le niveau de souveraineté d’un État membre soit considéré comme insuffisant, que de tout simplement remodeler la structure fédérale de manière à l’ajuster à la volonté de ses États membres, et donc de remplir ce qui après tout ne s’avère donc rien de moins que sa mission originelle ?

Autrement dit, où est donc le sens de chercher à changer de maison aussitôt que l’on a pu repérer un problème ou un autre dans la structure de celle que l’on a déjà, alors qu’un peu de réparation devrait en principe suffire à régler le problème en question, dans la mesure où rien de tout cela ne devrait donc changer quoi que ce soit à la mission première de toute bonne maison, soit bien sûr d’assurer le bien être et le confort de ses résidents ?

Et s’il devait finalement n’y avoir d’autre option que de changer de maison afin de pouvoir vivre dans des conditions qui soient ne serait-ce que moindrement salubres, il apparaît évident que cela pourrait alors se comprendre, mais qui comprendrait cependant que l’on en vienne à cette option de derniers recours avant d’au moins essayer d’appliquer certaines réparations qui, si elles réussissaient, devraient pourtant suffire à régler le problème ?

Et si le résidant en question devait en fait ne rechercher que des excuses pour s’acheter une nouvelle maison, notamment en prétextant que ses tentatives de réparation n’ont pas pu fonctionner de par le passé, ne faudrait-il pas alors déduire que celui-ci ne souhaite pas simplement vivre dans une maison qui réponde à ses besoins, mais ne désire en fait que la nouveauté pour la nouveauté ?

 

Et comment peut-on croire en la sincérité de celui qui assure avoir fait tout ce qu’il pouvait pour rénover sa maison, alors qu’il ne se donne même pas la peine de s’y essayer une dernière fois, ne serait-ce que pour pouvoir ensuite affirmer d’une façon réellement crédible qu’il a vraiment tout essayé, et va plutôt jusqu’à non seulement se fermer d’avance à tout ce qui pourrait pourtant l’aider à réparer sa maison, mais semble en fait s’employer à aggraver lui-même les dégâts qui affligent cette dernière, et qu’il est pourtant le premier à dénoncer ?

N’y a-t-il donc aucun souverainiste dans la salle qui se sente interpellé par cette petite parabole, dont l’interprétation devrait pourtant s’avérer pour eux aussi limpide que gênante ?

La Constitution, un texte sacré ? lundi, Avr 25 2011 

Parfois, on pourrait croire que l’on considère les Pères de la Confédération comme des dieux. Et si ce n’est pas le cas, alors pourquoi le texte qu’ils auront pu rédiger, soit notre Constitution, devrait-il donc être traité comme un texte sacré ? Ou autrement dit, pourquoi devrait-il rester à jamais inchangé, comme si ce qui y est inscrit représentait des vérités immuables qu’on ne saurait jamais oser remettre en question ? Ou si tel n’est pas le cas, comment peut-on penser que ce qui pouvait représenter un consensus en 1867 pourrait toujours rester d’actualité, et ce même près d’un siècle et demi plus tard ? Et s’il s’avérait réellement possible qu’un tel texte puisse en effet s’appliquer encore en bonne partie, pourrait-on pour autant prétendre qu’il n’y ait pourtant rien du tout en ce texte qui mérite d’être ne serait-ce qu’un peu adapté à la réalité contemporaine ? Et si, en effet, une telle révision ne devrait donc que s’imposer d’elle-même, qu’est-ce qui pourrait donc nous retenir d’y procéder, sinon la peur du changement, tout simplement ?…

Le mythe du gros méchant parti fédéral mardi, Mar 29 2011 

Il me semble que s’il est un piège dans lequel il vaut mieux pour nous de ne pas tomber, c’est bien de faire comme s’il n’y avait d’autres partis fédéraux à Ottawa que ceux qu’on pourrait qualifier de « traditionnels », à savoir le Parti Libéral et le Parti Conservateur. D’ailleurs, le fait de restreindre notre idée de « parti fédéral » aux deux pires d’entre eux ne pourrait-il pas être vu notamment comme une stratégie pour amener à croire qu’il n’y a justement rien à faire avec le « Reste du Canada » ?…

Et si plutôt que de jeter notre ballot sur un parti qui ne pourra jamais être élu, et donc de laisser au Canada anglais le soin de décider à notre place du parti qui nous gouvernera, si l’on se mettait plutôt à encourager des partis comme le NPD ou le Parti Vert, qui eux au moins auraient une chance de déloger Harper, ne serait-ce que s’ils pouvaient bénéficier de l’appui du Québec, justement ?…

Car de tels partis ne sont-ils pas tout autrement plus susceptibles d’accorder au Québec la considération qui revient à l’un des deux peuples fondateurs, ne serait-ce que dans la mesure où ils devraient justement à ce dernier une partie moindrement significative du vote qui leur aura permis de prendre le pouvoir ?…

D’ailleurs, un parti comme le NPD ne s’est-il pas avéré le premier, sinon le seul à date, à reconnaître officiellement, lors de la Déclaration de Sherbrooke, en 2006, le droit du Québec à sa propre autodétermination ?… N’a-t-il pas également reconnu, de par la même occasion, le principe du fédéralisme asymétrique, devant notamment permettre au Québec d’obtenir le droit de retrait avec pleine compensation pour tout programme fédéral auquel il ne voudrait pas adhérer, ce qui, après tout, revient essentiellement à régler la question du « pouvoir fédéral de dépenser », qui représentait d’ailleurs l’une des deux clauses essentielles de l’Accord du Lac Meech, avec bien sûr celle de la société distincte ?…

Ainsi donc, l’idée de réduire la notion de « parti fédéral » à celle de « gros méchant » ne se trouve-t-elle pas à relever essentiellement de l’ignorance, sinon de la mauvaise foi ?…

Un vote pour le Bloc = un vote pour Harper lundi, Mar 28 2011 

 

N’est-il pas pourtant évident qu’un vote pour le Bloc Québécois ne revient en bout de ligne à rien de plus qu’un vote pour Harper ?…

Car si le Bloc peut, comme Gilles Duceppe lui-même est le premier à s’en vanter, empêcher la formation d’un gouvernement majoritaire à Ottawa, ne pourrait-on pas en dire autant de n’importe quel parti fédéral qui, en faisant élire des députés, se trouve par le fait-même à réduire les chances qu’un seul parti puisse remporter une majorité ?…

 

Or, ne faut-il pas reconnaître qu’il y a, entre le Bloc et les autres partis fédéraux, cette petite différence à l’effet que le Bloc, et ce de son propre entêtement à cet effet, ne pourra jamais former de gouvernement ?… Ainsi donc, que se trouve donc à faire le Bloc, si ce n’est à empêcher non seulement une majorité conservatrice, mais surtout à empêcher que le vote québécois puisse contribuer à faire élire un parti qui pourra réellement remplacer Harper, plutôt que de simplement protester et quémander ?…

Autrement dit, si le Bloc aura su « bloquer » le chemin devant mener à une majorité conservatrice, du moins jusqu’ici (…), n’aura-t-il pas surtout bloqué ni plus ni moins que l’avancement du pays, en commençant par empêcher qu’un parti digne de ce nom puisse enfin détrôner Harper une fois pour toutes ?…

Et dans la mesure ou le Bloc ne semble savoir faire mieux que de d’affaiblir les partis qui pourraient s’avérer de réelles solutions de rechange au gouvernement Harper, qu’est-ce ce le Bloc se trouve donc à faire, sinon à simplifier la tâche à ce dernier ?…

 

Ainsi donc, et pour en revenir à ce que j’avançais au départ, en quoi un vote pour le Bloc revient-il donc à autre chose qu’à un vote pour Harper ?…

Et est-ce vraiment quelque chose dont nous devrions nous montrer si fiers, en toute honnêteté ?…

 

Pourquoi ne pas décider, plutôt que de tout bloquer ?… lundi, Mar 28 2011 

Comment est-on mieux à même de défendre les intérêts du Québec ? Est-ce en faisant avancer nos dossiers, ou en cherchant plutôt à tout bloquer ?..

Car il ne faudrait pas non plus se leurrer : si le Bloc Québécois empêche la formation d’un gouvernement majoritaire à Ottawa, est-ce qu’il ne nous empêche pas surtout de nous assurer que le gouvernement fédéral qui sera formé aura à coeur les préoccupations des Québécois ?…

Et comment pourrait-on mieux défendre les intérêts du Québec qu’en portant au pouvoir un gouvernement fédéral qui chercherait réellement à faire avancer les dossiers des Québécois ?…

Ou autrement dit, comment pourrait-il être préférable pour nous de nous cantonner aux banquettes d’une éternelle opposition, plutôt que de reprendre enfin les rennes de notre pays, et décider nous-mêmes de notre destin ?…

Et en un mot : pourquoi se borner à protester et à quémander, quand on pourrait tout simplement agir, en commençant par prendre en main notre propre destinée ?…

Pourquoi ne pas prendre acte de la volonté de la population ?… mercredi, Fév 23 2011 

 

Du moment où l’on considère le fait que « la moitié des Québécois ne s’identifient plus à l’un ou l’autre pôle de ce débat, fédéraliste ou souverainiste», peut-on vraiment faire autrement que de rechercher la «voie du milieu» qui permettrait de concilier les objectifs fondamentaux du souverainisme autant que du fédéralisme, plutôt que de s’obstiner à nous comporter comme si ces deux approches ne pouvaient faire autrement que de s’opposer mutuellement, et surtout à faire comme si ce débat intéressait encore vraiment qui que ce soit ?…

Voir d’ailleurs l’article suivant :
Rassembler

 

Souveraineté et démocratie vendredi, Fév 18 2011 

 

Il faudra bien reconnaître un jour que même à ses plus hauts niveaux, l’appui de la population québécoise à l’idée de l’indépendance n’ira jamais chercher que la moitié de la population, ce qui est encore beaucoup dire, comme on a pu voir au référendum de 95. Et même en admettant donc que l’indépendance satisferait donc la moitié de la population, en quoi serait-il vraiment démocratique qu’une moitié de la population se voit imposée la volonté de l’autre moitié, sur une question qui concerne rien de moins que l’avenir de la nation en tant que telle ?…

Et dans un tel cas, pourquoi ne viserions-nous pas plutôt à accommoder l’ensemble de la population, en recherchant une solution qui tiendrait compte des demandes des deux moitiés de celle-ci, et qui consisterait donc à permettre au Québec de faire rien de moins que de réaliser son autodétermination tout en demeurant pourtant au sein du Canada ?…

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