L’industrialisation : un bouc émissaire de plus ? jeudi, Août 7 2014 

industrialisation

Voici ce que constituerait ma réponse, point par point, au Unabomber, aux luddistes et néo-luddistes, et à tous les autres critiques de l’industrialisation en tant que telle…

Comment être véritablement conséquent dans ses actions, si l’on refuse l’industrialisation, à moins de se faire ermite ?

Critiquer l’industrialisation, c’est un peu beaucoup comme critiquer le capitalisme : c’est bien beau, mais est-on seulement en mesure de proposer une solution de remplacement qui soit aussi crédible que plausible ?

Si on ne prend que les effets de l’industrialisation sur la société et sur l’homme, et si on les prend vraiment dans leur ensemble, peut-on vraiment affirmer que les effets de l’industrialisation ne se seraient pas avérés largement positifs, en terme de « bénéfices nets », ne serait-ce qu’en considérant l’accroissement sans précédent de la prospérité humaine, et son effet on ne peut plus significatif sur la longévité, pour ne prendre que cet exemple, et sans même parler du fait qu’il nous est manifestement impossible de nous en passer, et ce partout à travers le monde, et donc tant dans les sociétés plus « primitives » que dans les sociétés industrielles en tant que telles ?

Pourrait-on vraiment affirmer qu’il n’y a pas de problèmes avant l’industrialisation ? Autrement dit, l’homme aurait été parfaitement sain avant l’arrivée de l’ère industrielle, et aurait été soudainement corrompu par celle-ci ? L’homme ne serait donc que « l’innocente victime » de sa propre création ?

Si on avance que ce n’est que l’industrialisation en tant que telle qui soit le problème, cela reviendrait donc à dire, si je comprends bien, qu’aucun problème significatif ou fondamental puisse être observé aux autres niveaux de la société, de la défense à l’éducation en passant par le divertissement, la communication et la spiritualité ? Et là encore, si problème il y a, il ne découlerait que de l’industrialisation elle-même, de sorte qu’avant l’ère industrielle, aucun caractère fondamentalement nocif n’aurait supposément pu être relevé dans ces autres secteurs de l’activité humaine ?

D’ailleurs, c’est une chose de considérer que « l’industrialisation est le mal ultime », mais c’en est une autre de définir ce qu’on entend exactement par industrialisation, et ce que l’on trouve de mal exactement dans celle-ci… Si par exemple c’est la notion même d’industrie qui est considérée comme étant « mauvaise », cela impliquerait donc que l’humanité ait fait fausse route dès l’apparition de la première industrie ? Et au fait, où au juste faudrait-il placer cet événement sur la ligne du temps ? Dès l’apparition des premières forges de l’Âge de bronze, plusieurs milliers d’années avant Jésus-Christ, et donc dès l’apparition de la première véritable industrie métallurgique ? Dans ce cas, aussi bien dire que l’histoire humaine dans son ensemble, et qu’il y aurait donc un problème fondamental avec l’humain lui-même, ce qui me semblerait avoir le mérite d’être tout autrement plus cohérent et clair comme position, tandis qu’il faudrait alors reconnaître que cette dernière s’harmoniserait alors tout naturellement avec ce qui a pu être dit et pensé sur l’homme dans la plupart des approches et traditions philosophiques, religieuses et spirituelles depuis des temps immémoriaux !…

Le véritable problème de l’industrialisation, comme d’ailleurs de la technologie (et d’à peu près tout, pendant qu’on y est !), est-ce vraiment l’industrialisation en elle-même, ou plutôt ce qu’on a pu en faire ? Et quand on réalise à quel point il nous serait aisé de « revirer cela de bord », à travers quelque chose d’aussi simple que nos habitudes de consommation, dans le mesure où, si nous voulions, nous pourrions changer le visage de l’industrie, de l’humanité et de la planète en entier en veillant tout bonnement à ne s’approvisionner qu’en produits écologiques et équitables, et surtout en le faisant d’une façon qui soit moindrement systématique, et que ne pourtant nous ne le faisons pourtant pas, ne devient-il pas alors plutôt clair que le problème soit tout autrement plus fondamental que l’industrialisation elle-même, et ait en fait surtout à voir avec la personne humaine en tant que telle ?

Remarquez que je n’ai justement parlé, dans ce dernier point, que de vulgaires habitudes de consommation, car il me semble assez évident qu’un raisonnement similaire pourrait être appliqué tout aussi bien au niveau politique, surtout quand on considère à quel point il est facile de déplacer son X sur un bulletin de vote d’une case à une autre, mais aussi à tous les autres sphères de l’activité humaine ! Comment prétendre, par exemple, que nous ne pourrions pas sauver à la planète une quantité incalculable de problèmes si l’on prenait simplement le temps de penser avant de parler, et ainsi d’au moins s’assurer de communiquer d’une façon non-violente ? Quand on constate donc qu’il n’y a sans doute rien que nous ne pourrions changer, si nous le voulions vraiment, et que pourtant nous n’en faisons rien, comment alors le fait d’attribuer à l’industrialisation tous les maux de la terre ne pourrait pas apparaître on ne peut plus clairement comme un exemple de plus de cette tendance éminemment humaine à s’empresser de désigner un bouc émissaire pour éviter de prendre ses propres responsabilités, comme si elle n’avait justement d’autre préoccupation, en bout de ligne, que de tout faire en sorte pour éviter de changer, ou du moins de se regarder en face ?

Charles-Olivier Bolduc
Jeudi, le 7 août 2014

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Jusqu’à quel point peut-on questionner la crédibilité de Wikipédia ? jeudi, Juil 10 2014 

wikipedia

À entendre certaines personnes à certains moments, toute information provenant de Wikipédia pourrait aussitôt se voir discréditée, puisque provenant d’une source qui ne serait supposément pas fiable.

Pourtant, pourrait-on me citer ne serait-ce qu’un exemple d’information citée par Wikipédia, et dont la fausseté serait aussi manifeste que significative ?

Car si je ne nie pas que cela puisse arriver en de rares occasions, ne faudrait-il pas au moins reconnaître qu’il y a tout de même une différence assez flagrante entre le fait de commettre une petite erreur une fois de temps en temps, comme c’est bien sûr le propre de l’humain lui-même, et le fait d’en commettre si souvent que cela en vienne à réellement affecter la qualité du travail que l’on vise à effectuer ?

Et si l’on voulait vraiment exiger la perfection de la part de toute source d’information, ne faudrait-il pas alors en faire de même de sources plus académiques ou scientifiques ? Or, comme on sait que les scientifiques eux-mêmes sont constamment en train de se contredire l’un l’autre, et notamment de mettre en doute la validité de la méthodologie des chercheurs dont les conclusions contredisent les leurs, peut-on vraiment affirmer qu’une publication soit absolument fiable, de par le simple fait qu’elle soit supposément « scientifique » ?

Et surtout, dans la mesure où un ouvrage scientifique, par définition, tend à ne couvrir qu’un créneau relativement restreint, et à n’essentiellement mentionner que ce qui rapporte plus spécifiquement à l’objectif de recherche de celui qui le rédige, sans parler bien sur des « ornières idéologiques » qui ont pour effet d’occulter toute information qui serait plus ou moins compatible avec le propos de l’auteur, ne faut-il pas reconnaître qu’un article Wikipédia a au moins le mérite d’offrir une très bonne vue d’ensemble d’un sujet donné, puisque de par sa nature même, il vise à couvrir la totalité du sujet en question, et ce d’une façon aussi succincte que possible ?

J’aimerais maintenant m’amuser à étudier un peu, sous l’angle de la preuve par l’absurde, l’argument selon lequel Wikipédia, en tant que source d’information, n’aurait pour ainsi dire aucune crédibilité.

Quand au juste peut-on clamer la fausseté d’une une information livrée par Wikipédia ? Est-ce par exemple quand on y affirme que Paris est la capitale de la France, ou que Jules César a conquis la Gaule ? Bien sûr, il s’agit de cas où la véracité de l »information est aussi simple qu’évidente… Mais si l’on devait plutôt considérer l’article de Wikipédia portant sur la physique quantique, ne se verrait-on pas forcé d’admettre que l’information qui s’y trouve est un peu trop complexe et détaillée pour ne pas avoir été rédigé par quelqu’un dont la connaissance et la compréhension du sujet soit non seulement assez vaste pour permettre d’écrire tout ça, mais surtout assez profonde et complète pour permettre de le synthétiser, et même de le vulgariser (du moins jusqu’à un certain point) ?

Alors vraiment, quand au juste peut-on être assuré que le travail de recherche et de rédaction effectuée par un contributeur de Wikipédia soit jugé comme étant aussi peu crédible que fiable ?

Je vous avouerai qu’avec le temps, j’en suis venu à trouver au moins une circonstance dans laquelle on ne manque pas, et ce à tout coup, ou en d’autres termes de façon systématique, de clamer haut et fort son mépris pour Wikipédia…

Et c’est bien sûr lorsqu’une information citée par Wikipédia se trouve à ne « pas faire son affaire » !…

Car s’il est, pour l’humain, une préoccupation qui semble souvent tout autrement plus importante que celle de ne se référer qu’à des sources dont la « pureté » ait pu avoir été déclarée comme étant supposément hors de tout doute…

C’est bien sûr celle de ne surtout pas perdre la face !…

Les fanatiques ne sont pas toujours ceux que l’on pense jeudi, Juin 12 2014 

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Lorsque l’on démontre une certaine préoccupation quant à la protection de l’environnement, il faut apparemment savoir s’attendre à toutes sortes de réactions des gens de son entourage… Et à en juger par la teneur de certains commentaires qui parfois peuvent être faits à l’endroit de ceux que l’on pourrait désigner comme les « amis de l’environnement », on pourrait croire que ces derniers sont souvent considérées comme devant être « capables d’en prendre », voir même comme méritant qu’on leur rappelle, une fois de temps en temps, de ne quand même pas « trop prendre de place » non plus…

J’ai d’ailleurs pu voir récemment un exemple plutôt frappant de cet état de chose, alors qu’un « ami de l’environnement », qui se trouve également à être une personne de ma connaissance, s’est vue critiquer par une autre personne que je connais, mais ce bien sûr en l’absence du principal intéressé…

Toujours est-il que, dans le but manifestement de discréditer cet « ami », et plus spécifiquement de mettre en doute sa capacité à « joindre le geste à la parole » pour ce qui est de veiller à minimiser son empreinte écologique, on aura émis un commentaire qui me paraît révéler énormément de choses sur le système de pensée de ceux que l’on pourrait désigner, toujours dans un but de simplicité, comme les « sceptiques de l’environnement », et que je pourrais en fait définir comme « ceux qui ne semblent pas nécessairement considérer comme étant particulièrement pressant de se soucier de l’environnement, et plus précisément de le faire d’une façon aussi concrète que systématique »…

Voici donc, essentiellement, ce en quoi consistait ce remarquable argument qu’un « sceptique de l’environnement » aura pu émettre à l’endroit d’un « ami de l’environnement » : « Il peut ben faire son fin, mais tout comme moi, il met du gaz dans son char pour aller à sa job le matin ».

Comme c’est souvent le cas, il me semble que cet énoncé se trouve à parler au moins autant par ce qu’il ne dit pas que par ce qu’il dit.

Pour commencer, c’est un peu comme si cette affirmation était incomplète, et qu’elle nous invitait en fait à en deviner la suite, que l’on pourrait peut-être rendre par les termes suivants : « Comme il met du gaz dans son char, il est pas mieux que moi, alors il est assez mal placé pour dire quoi faire pour l’environnement ».

Ce que je trouve personnellement le plus intéressant avec un argument de ce genre, c’est que plus je l’analyse, et plus je peux y dénicher de nouvelles aberrations.

Prenons par exemple la première « traduction » que je pourrais en faire, et que je formulerais à peu près comme suit : « Hein ! T’es donc ben pas fondamentaliste dans ton environnementalisme ! T’es même pas dogmatique, alors t’as aucune crédibilité ! ».

Je pourrais également m’amuser à expliquer un peu plus en détail la « traduction » que je viens de faire… Et cela pourrait donc donner quelque chose comme ceci : « Moi, je ne respecte que les radicaux et les fanatiques, pis toi, tu n’es qu’un vulgaire modéré qui ose faire des compromis ! Dans le fond, tu ne fais même pas de ton environnementalisme une religion ! Et comme chacun le sait, à quoi cela sert donc d’adopter une philosophie de vie et de faire des efforts en ce sens, si l’on en fait pas une religion ? Et à quoi servent les religions, si l’on ne peut en tirer des lignes doctrinales que l’on doive suivre à la lettre, et surtout si l’on ne peut pas condamner comme hérétiques tous ceux qui osent en défaillir ! »…

Le plus drôle dans tout cela, c’est bien entendu qu’à la base, les « sceptiques de l’environnement » sont sans doute loin d’être conscients que, de par leurs « arguments », ils paraissent invoquer eux-mêmes invoquer la nécessité de se plier à une certaine forme de religion, voire même de fondamentalisme… Mais surtout, ce qui me paraît le plus surprenant, c’est qu’en se faisant, ils se trouvent en fait à « donner des leçons de fanatisme » à ceux qui, de leur propre aveu, sont pourtant plus tout autrement « pratiquants » qu’ils ne peuvent l’être eux-mêmes ! Difficile de trouver, en d’autres termes, un meilleur exemple de la notion de vouloir, ou plutôt de faire comme si l’on était « plus catholique que le pape », et ce tout en exigeant que l’on « fasse comme je dis, mais pas comme je fais » !

Je reviendrai d’ailleurs à ces aspects d’ici quelques lignes… Parce qu’il me semble en effet y avoir encore trop de choses à dire à ce sujet, et je ne peux évidemment pas tout dire en même temps !

Continuons donc, en un premier temps, d’examiner toutes les étranges conceptions que paraît supposer l’argument mentionné plus haut.

  1. À en croire la personne qui l’a formulé, il faudrait dire adieu à la notion d’équilibre : pas question donc de faire la part des choses entre ce qui peut être le plus utile ou nécessaire dans notre mode de vie actuel, non, la « religion environnementaliste » doit être appliquée à la lettre dans tous les contextes, et ce sans exception.
  2. Évidemment, il importe peu de savoir qui au juste, ou quel « pape » justement se trouve à imposer de tels commandements, ou de savoir en fait si de tels commandements aient jamais pu être promulgués… En bout de ligne, ce qui semble donc compter pour les sceptiques, ce n’est manifestement pas les faits et la réalité, mais bien la perception qu’ils peuvent avoir de ceux qu’ils qualifient avec dédain de « tree huggers »…
  3. Peu importe également que des commandements aussi stricts représentent vraisemblablement l’opposé de ce que peuvent préconiser les « sceptiques » de l’environnement, et que l’on pourrait probablement désigner par des termes comme « l’équilibre » ou la « modération »… Autrement dit, c’est un peu comme si les sceptiques préféraient garder pour eux-mêmes de telles valeurs, pour ensuite mieux reléguer les « amis de l’environnement » au cadre fondamentaliste qui aura été créé à leur attention par nul autre que les sceptiques eux-mêmes… Ils se réservent donc le droit de se baser sur les principes qui constituent le fondement de leur position, tout en ordonnant à leurs adversaires de se plier à des dogmes qu’ils sont pourtant les premiers à réprouver, et ce même s’ils en sont manifestement les créateurs, puisqu’ils sont les seuls à y référer.
  4. C’est un peu comme si les sceptiques, finalement, ne souhaitaient surtout pas que les « amis de l’environnement » prennent ce qu’il y a de bon dans leur position, peut-être parce que cela pourrait donc entraîner une harmonisation de deux perspectives qu’ils souhaitent plutôt garder opposées, ou faire paraître comme telles… Et peut-être surtout parce que cela ôterait à leurs « adversaires » une crédibilité à laquelle ils ne voudraient surtout pas les voir accéder…
  5. Exit également les notions, pour ce qui est de réduire son empreinte écologique, d’y aller progressivement et à son rythme, et surtout d’y aller par priorités… Non, car pour les sceptiques, tout doit apparemment être fait tout de suite, et aucune forme d’exception ne saurait être tolérée.
  6. C’est à croire que, selon les sceptiques, il nous faudrait tout bonnement retourner à l’âge de pierre, ou encore vivre comme un sans-abri, ou comme on peut être forcé de le faire dans le Tiers Monde… Car comment interpréter autrement, en effet, le fait qu’il devrait selon eux être un « devoir » pour tous, ou du moins pour ceux qui souhaitent réduire leur empreinte écologique, de purement et simplement abandonner sa voiture ?
  7. Cela nous conduit d’ailleurs à ce paradoxe : à en croire les « sceptiques », les « amis de l’environnement » ne devraient pas être félicités ou valorisés, mais plutôt forcés moralement à en faire toujours plus… Belle façon d’encourager les gens à faire des efforts pour réduire leur empreinte écologique !
  8. En bout de ligne, tout cela dénote en fait une conception de la justice pour le moins originale: ainsi, il semble que selon les « sceptiques », ce soit à ceux qui en font le plus d’en faire toujours plus, tandis que ceux qui en font le moins peuvent non seulement se permettre à peu près tout ce qu’ils veulent, mais peuvent même se permettre de donner des leçons à ceux qui en font plus qu’eux !

Et de toute façon, que proposent les « sceptiques », au juste ? De polluer l’environnement à qui mieux mieux, et de s’assurer que l’on ose surtout pas remettre en question ses habitudes de vie ?

Avec un objectif aussi insensé, ce n’est peut-être pas si étonnant, après tout, de constater que les supposés « arguments » sensés supportés leurs positions soient tout aussi abracadabrants, d’autant plus qu’ils ne servent, selon toute vraisemblance, qu’à maquiller le fait que celles-ci sont justement infondées !

Alors à chacun sa logique !

Charles-Olivier B. Tremblay

Jeudi, 12 juin 2014

Un réel effondrement économique mondial serait-il donc envisageable ? jeudi, Juin 12 2014 

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Il m’est récemment apparu plutôt frappant de constater, après avoir parlé d’économie mondiale (!) avec certaines personnes de mon entourage, à quel point peuvent converger non seulement leur perception et la mienne, mais également celles de plusieurs experts de la question.

Un constat plutôt essentiel se dégage en fait de toute cette « réflexion collective », à savoir que s’il semble y avoir une faille majeure de l’économie actuelle, c’est que tout y est devenu systémique, de sorte qu’il suffit désormais qu’un bogue moindrement significatif affecte ne fut-ce qu’un seul des aspects fondamentaux de l’économie pour que celle-ci se mette à déraper… Et comme l’économie mondiale est toujours plus « intriquée », des dérèglements généraux peuvent être occasionnés par des « bogues » qui, du moins au départ, pouvaient paraître de moins en moins globaux… S’il avait donc fallu, au début des années 90, que toute l’économie asiatique entre en crise économique pour que le monde entier en ressente les contrecoups, nous avons vu en 2008 qu’il n’a fallu que ce qui n’était au départ qu’une simple crise immobilière, d’abord restreinte aux États-Unis, pour que le monde entier finisse par sombrer dans un ralentissement économique dont nous ne paraissons même pas encore nous être redressés…

Par ailleurs, on pourrait dire que l’économie mondiale se comporte de plus en plus comme s’il s’agissait d’une énorme Bourse, avec toutes les fluctuations et les bulles spéculatives que cela peut impliquer. Après tout, ce n’est pas nécessairement si étonnant, puisque l’économie mondiale s’avère de plus en plus intiment associée, voire enchaînée à la Bourse elle-même, ce qui en soi contribue à accentuer fortement l’ampleur des dérapages lorsqu’ils se produisent. La crise de 2008 en a bien sûr été un exemple éloquent, car tous ont alors pu réaliser que si ce n’avait été des excès des marchés boursiers et des institutions financières, excès que tous se sont empressés de qualifier d’inacceptables (quoique seulement une fois la crise déclenchée, et donc une fois qu’il était beaucoup trop tard pour qu’un tel constat puisse servir à quoi que ce soit…), la crise immobilière américaine n’aurait jamais connu de telles proportions, et n’aurait sans doute même pas eu lieu au départ.

Si la crise de 2008 nous aura permis en bout de ligne de tirer des conclusions aussi fondamentales qu’irréfutables, c’est premièrement que l’économie capitaliste actuelle est loin d’être à l’abri d’une crise majeure, au cas où certains en doutaient encore, et deuxièmement qu’une telle crise peut manifestement se voir causée d’une façon des plus inattendue, comme en atteste le fait qu’à peu près personne n’avait vu venir celle de 2008.

Mais si maintenant nous tentions justement d’être un peu plus prévoyants qu’en 2008, et si nous tentions en fait d’identifier les facteurs qui seraient les plus susceptibles de pouvoir engendrer une prochaine dérive, sur quoi notre attention pourrait-elle donc se poser ?

Le choix est en fait difficile, car ce n’est pas comme si le monde manquait présentement de problèmes, et plus précisément de problèmes assez sérieux pour s’avérer susceptibles d’affecter sérieusement l’économie mondiale dans son ensemble…

Mais s’il est un facteur qui risquerait de ressortir d’entre les autres, c’est bien sûr le prix du pétrole, pour ne mentionner que cette ressource en particulier. En effet, la valeur économique de l’or noir ne pourra faire autrement que de continuer à grimper en même temps que sa rareté, et peut-être même d’une façon carrément exponentielle, dans la mesure où, d’une part, il s’agit d’une ressource non-renouvelable, tandis que nous en sommes d’autre part toujours plus dépendants, l’activité économique mondiale croissant à un rythme toujours plus grand et demandant donc de plus en plus de pétrole, alors que les réserves pétrolifères existantes sont toujours plus difficiles d’accès, et donc couteuses à exploiter.

On pourrait être porté à se dire que le prix du pétrole pourra bien continuer à gonfler indéfiniment, et qu’à la limite, ce ne serait que d’autant plus « dommage » pour notre portefeuille individuel… Sauf que le vrai problème, c’est qu’en continuant à enfler de la sorte, celui-ci ne pourra faire autrement que d’éventuellement atteindre un seuil à partir duquel l’économie ne pourra plus s’adapter… Le moins pire qui pourra se produire serait alors un ralentissement général ; or, c’est justement à partir de là que les choses risqueraient de se compliquer tout autrement plus sérieusement…

En premier lieu, nous savons tous qu’un ralentissement tend habituellement à s’alimenter de lui-même, ne serait-ce que pendant une période plus ou moins prolongée. En second lieu, des mesures de stimulation économique étatiques ne pourront vraisemblablement plus être envisagée, étant donné que la plupart des États à travers le monde, y compris le nôtre, ont à peu près fini d’utiliser en 2008 toute la « marge de crédit » dont ils disposaient, sans que cela ait d’ailleurs permis à l’économie mondiale de réellement se relever. En troisième lieu, il faut garder en tête qu’une réelle pénurie de pétrole aurait pour effet de non seulement compliquer sérieusement  la relance économique, mais de faire disparaître l’une des assises les plus fondamentales sur laquelle l’économie mondiale a pu reposer jusqu’ici soit l’accès à du pétrole à bon marché….

Si cela n’est alors pas suffisant en soit, il ne restera plus qu’à attendre qu’un des autres maillons de la chaîne économique lâche pour de bon pour que l’on puisse assister à un déraillement global d’une ampleur plus grande qu’à peu près tout ce qu’on a pu voir jusqu’ici…

Se pourrait-il donc, en ce sens, qu’il nous faille déjà commencer à nous préparer à la possibilité d’avoir à vivre la transition, et ce d’une façon plus ou moins abrupte, à une ère post-pétrolière et donc post-industrielle, comme nous en préviennent d’ailleurs des institutions comme le Club de Rome où le mouvement des Villes en Transition, pour ne nommer que celles-ci ?

Une chose paraît on ne peut plus claire, en tout cas, et c’est que le pétrole à bon marché, comme toute « bonne » chose, connaîtra forcément une fin, un jour ou l’autre… Alors le « gros bon sens » le plus élémentaire ne commanderait-il pas d’au moins commencer à s’interroger sur ce que l’on pourrait ou devrait faire à partir d’un tel moment, plutôt que de continuer, comme nous le faisons présentement, à faire comme si de rien n’était ?

Charles-Olivier B. Tremblay

De Gandhi à Hannah Montanah : à quoi servent les modèles ? mercredi, Mar 5 2014 

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Lorsque l’on commence à parler de désobéissance civile, on peut difficilement faire autrement que de citer les noms de ceux qui, à ce chapitre, auront justement pu voir leurs noms retenus par l’histoire, soit notamment ceux de Gandhi, Martin Luther King, Nelson Mandela, le Dalaï Lama ou Aung San Suu Kyi, sans parler de Jésus lui-même…

Or d’après ma propre expérience personnelle, un problème auquel on risque assez rapidement de s’exposer, si l’on ose affirmer que l’on ne cherche qu’à suivre l’exemple de tels modèles (car n’est-ce pas précisément ce à quoi les modèles servent, après tout ?), c’est de se faire accuser de se « prendre pour un autre »… Examinons donc ensemble cet argument pour voir s’il tient moindrement la route.

Pour commencer, quel est au juste le genre de modèle que la société préférerait nous voir suivre ? En d’autres termes, quel sont les « role models » que l’on pourrait facilement mentionner, sans pour autant passer pour un prétentieux ? Je ne sais pas pour vous, mais personnellement, je pense aussitôt aux genres « d’idoles » que les enfants adoptent tout naturellement, ce qui n’emmènera habituellement leurs parents qu’à sourire avec bienveillance, quant ceux-ci ne vont pas jusqu’à carrément s’employer activement pour permettre à leurs enfants de suivre autant que possible les traces de leurs idoles.

Or, quels sont-ils, justement ? On peut évidemment penser tout d’abord, pour les « p’tits gars », aux joueurs de hockey ou aux autres vedettes du sport, aux superhéros ou aux lutteurs, pour ne mentionner que ceux là… Dans le cas des petites filles, on parlera plutôt, bien sûr, d’actrices, de mannequins ou de chanteuses pouvant aller de Lady Gaga à Hannah Montanah, ce qui, par exemple, tendra tout naturellement à inciter ces enfants à imiter leurs idoles dans leur accoutrement vestimentaires, qu’il s’agisse, pour reprendre le cas d’Hannah Montanah, de celui d’une chanteuse country à celui d’une danseuse des plus légèrement vêtues…

Comme nous venons d’en convenir, le fait que les enfants choisissent de tels « rôle models » pose rarement de problèmes pour leurs parents, même si l’on sait qu’en adoptant une quelconque personne comme modèle, on pourra difficilement faire autrement qu’en venir, tôt ou tard et d’une façon ou d’une autre, à suivre leurs pas…

Pourquoi ne pas se demander, dès lors, si les modèles suivis par nos enfants méritent justement d’être suivis ? Si, par exemple, tous les « p’tits gars » se mettaient en tête de devenir des joueurs de hockey, s’il devaient se voir encouragés en ce sens par leurs parents, et si ce beau plan devait réussir et que tous ces enfants finissent par bel et bien devenir des joueurs de hockey, serions-nous, comme société, moindrement plus avancés ? De même, à quoi notre société ressemblerait-elle si toutes les jeunes filles décidaient de suivre à la lettre l’exemple de Lady Gaga ou d’Hannah Montana ?

Maintenant, je vous rappelle que pendant que notre société tolère, quand elle ne voit pas carrément d’un bon oeil, le fait que nos « générations futures » choisissent de tels modèles, on prend soin de nous rappeler, dès que l’on a l’impertinence de mentionner un nom comme celui de Gandhi, de ne surtout pas commencer à vouloir « péter plus haut que le trou » !…

Cela m’emmène donc à poser cette question plutôt fondamentale : à quoi sert donc le fait de désigner des personnes comme des modèles, si ce n’est pour ensuite suivre leur exemple ?

De même, si certains individus sont généralement reconnus comme ce que l’humanité aura produit de meilleur, mais que l’on interdit du même souffle le fait de chercher à suivre leurs pas, quel message se trouve-t-on au juste à communiquer ? Qu’il ne faut surtout pas rechercher à agir de la façon la plus exemplaire ? Qu’il ne faut donc surtout pas vouloir ce qu’il y a de mieux ?

Je me demande bien ce que penseraient justement Jésus ou Gandhi s’ils devaient constater que l’on s’empêche aujourd’hui de faire comme eux pour toutes sortes de prétextes futiles, tandis que nos jeunes hommes comme nos jeunes filles paraissent n’avoir d’autre idée que de chercher à avoir un physique développé et aussi visible que possible, tandis que leurs parents semblent pratiquement les encourager en ce sens…

Au fait, pourquoi ces hommes illustres se sont-il comportés de la sorte, si ce n’est pour qu’on suive la trace qu’ils ont laissée ? D’ailleurs, n’ont-ils pas justement pris soin de préciser que c’est justement ce qu’ils nous « encourageaient fortement » à faire, à en juger par le nombre de fois où l’on peut retrouver, dans le Nouveau Testament, l’expression « Suivez-moi ? »…

Et au départ, si les hommes et femmes dont je vous parle en sont arrivés à développer ou adopter l’approche que l’on désigne aujourd’hui sous le terme de « désobéissance civile », n’est-ce pas parce qu’ils avaient manifestement conclu qu’ils n’avaient d’autre choix que d’emprunter une telle avenue, ou que celle-ci représentait encore la meilleure façon d’arriver à transformer, et ce d’une façon aussi puissante que pacifique, la société et la culture, en commençant donc par provoquer une changement de paradigme au sein de la conscience même des gens qui les entouraient, ainsi que de celles des générations qui les auront suivis ?

Si nous tenons encore moindrement à l’avancement de la société, la désobéissance civile ne peut sans doute faire autrement, en bout de ligne, que de s’avérer plus ou moins incontournable d’une époque à l’autre, et donc même aujourd’hui, quoique les « combats » à mener en ce sens ne soient évidemment pas les mêmes que ceux que de s’avérer nécessaires à d’autres lieux et à d’autres époques, que l’on parle de celle de l’apartheid en Afrique du Sud ou de la domination coloniale de l’Inde…

En y repensant, ce n’est peut-être pas une « coïncidence » si la désobéissance civile s’est à peu près toujours vue promue par des figures qui étaient plutôt étroitement associés aux domaines de la religion ou de la spiritualité (dépendemment de notre façon de le voir), et ce non seulement en raison de son caractère foncièrement non-violent et pacifique… En effet, et comme l’histoire n’aura sans doute pas pu le démontrer d’une façon plus claire ou évidente, la désobéissance civile, parmi toutes les façon de chercher à faire avancer la société, représente manifestement celle qui permet de le faire de la façon la plus complète et fondamentale, ou en d’autres termes de la façon la plus puissante et efficace… Le fait d’opter pour cet avenue dénote ainsi plus qu’un simple refus de la violence : il révèle aussi et surtout que celui qui l’adopte cherche en fait à vraiment changer les choses pour le plus grand bien de tous, et donc non seulement en apparence ou en superficie, mais en profondeur et en totalité…

Cela nous conduit ainsi à cette question : sommes-nous encore moindrement intéressés par la perspective de justement «  changer les choses pour le plus grand bien de tous » ? En d’autres termes, recherchons-nous encore réellement le plus grand bien d’autrui comme de soi-même, ce qui, en notre époque, pourrait d’ailleurs difficilement faire autrement que de passer par ne serait-ce qu’un minimum de préoccupation pour la préservation de notre environnement ?

Et si c’est bien le cas, qu’attendons-nous pour suivre l’exemple de ceux qui se seront imposés comme des « maîtres » en matière de désobéissance civile, en commençant donc par nous débarrasser de cette fausse modestie qui nous emmène à ne surtout pas les imiter, tout en recherchant à combler notre « besoin naturel d’exemples à suivre » en nous tournant plutôt vers des « modèles » qui, s’ils devaient se voir suivis de tous, ne pourraient que précipiter et garantir une décadence sociale, comme si celle-ci n’était pas déjà bien assez solidement commencée ?…

Qui est extrémiste, vraiment ? dimanche, Fév 2 2014 

Lorsqu’on tente d’adopter un mode de vie qui s’avère moindrement plus « écologique » que celui de la plupart des gens, il arrive souvent que l’on se sente jugé comme étant plus ou moins « extrémiste »…

Or, ce qui mériterait le plus d’être taxé d’extrémiste, est-ce vraiment le fait d’adopter justement un mode de vie qui soit « plus écologique », ou est-ce plutôt la façon qu’a présentement l’humanité dans son ensemble de dépouiller la planète d’à peu près toutes ses ressources, et ce à une vitesse non seulement sans précédent mais qui va même en accélérant, quitte à ainsi menacer assez sérieusement ses propres chances de survie pour que son « auto-extermination » en soit en fait venu à représenter le scénario qui soit de loin le plus probable ?

Et en ce sens, l’adoption d’habitudes plus écologiques peut-elle vraiment mériter d’être vue comme extrémiste, ou ne devrait-elle pas plutôt représenter le début d’une progression vers un mode de vie qui, s’il pouvait se voir adopter par une plus grande partie de la population humaine, risquerait de nous donner déjà un peu plus d’espoir de pouvoir laisser à nos enfants ne fut-ce qu’une infime partie de l’abondance que nous avons pu connaître jusqu’ici ?

En bout de ligne, cela ne représente-il pas qu’un exemple de plus du fait que, pour qu’un comportement jugé « marginal » puisse être considéré comme « non-souhaitable », encore faudrait-il faire la preuve que le celui représentant « la norme » soit lui-même préférable au comportement « marginal » ? Car autrement, n’est-ce pas justement le fait d’être « anormal » qui mériterait d’être valorisé, plutôt que l’inverse ?

Charles-Olivier B. Tremblay

Être « normal » dans une société névrosée ? lundi, Oct 7 2013 

À quoi cela servirait-il donc de s’évertuer à paraître « normal » dans une société névrosée ?

Car en supposant que notre société soit névrosée, est-ce qu’une personne saine d’esprit n’aurait pas alors toute les chance de paraître « anormale » puisque différente et, de par le fait même, « en dehors des normes » ? Et dans un tel contexte, ne deviendrait-il pas à toute fin pratique rassurant et même élogieux d’être jugé « anormal » ?

Ainsi, tout ne repose-t-il pas sur la question de savoir si notre société est bel et bien névrosée ?

Si l’on devait donc juger qu’en ce moment, tout va pour le mieux dans le meilleur des monde, le fait d’être considéré comme étant « normal » ne pourrait assurément qu’être une bonne chose…

Mais si l’on pense plutôt que tout, dans la société actuelle, n’est peut-être pas si rose qu’on voudrait bien nous le faire croire, et si l’on peut même aller jusqu’à admettre que notre modèle politique et économique et social apparaît comme n’étant tout simplement pas viable, alors ne devrait-on pas tout de même y penser à deux fois avant d’adhérer à ce qui pourrait être défini comme le « normalité » au sein d’une telle société ?

En d’autres termes, pourquoi vouloir passer pour « normal », si la « norme » elle-même mérite surtout d’être remise en question ?

Charles-Olivier B. Tremblay

Selling one’s soul to the Devil… mercredi, Nov 7 2012 

Being elected is a bit like selling your soul to the Devil… You commit yourself to the people’s lowest appetites, only to then become their slave…

Le droit et le devoir de critiquer dimanche, Août 5 2012 

En jetant un coup d’oeil aux commentaires pouvant suivre, sur différents sites*, l’excellent vidéo que voici, il semble que, plus souvent qu’autrement, la percutante critique effectuée par Jeff Daniels à l’endroit de son pays aura finalement valu à ce dernier de simplement se faire taxer, « d’anti-américain »…

The most honest three and a half minutes of television, EVER…

Ainsi, les Américains auraient donc ce point commun avec les Israéliens que, pour eux, toute critique semblerait perçue en bout de ligne comme ni plus ni moins qu’un manque de patriotisme, sinon un signe de trahison envers son pays.

Autrement dit, le message dominant au pays de l’Oncle Sam serait apparemment le suivant : « n’osez surtout pas élever la voix contre le sacro-saint empire américain, où vous serez considérés comme des traîtres et traités en tant que tel »… N’est-il pas pour le moins paradoxal de constater que, chez ceux qui se flattent eux-mêmes d’habiter le « Pays de la Liberté », la règle régissant réellement les débats publics rappelle plutôt celles qui sont en vigueur dans tout régime de terreur, et notamment dans les régimes dictatoriaux ou totalitaires, qui d’ailleurs n’ont même pas la prétention d’être démocratiques, ou de même vouloir le devenir ?

Et si l’on cherchait à s’expliquer un peu le « raisonnement » pouvant sous-tendre une telle façon de concevoir la « liberté d’expression », ne serait-on pas alors emmené à supposer quelque chose du genre : « si vous aimez votre pays, vous ne commencerez surtout pas à le critiquer » ?

Mais si ce genre de raisonnement s’avère si intelligent, ne devrait-il pas s’appliquer autant entre amis qu’en rapport à son pays ?

Devrait-on alors conclure que la plus grande faveurs que l’on puisse faire à un ami soit de ne jamais le critiquer, même si celui-ci devait faire quelque chose d’évidemment irrationnel ou de contraire à son propre intérêt ?

Est-ce donc ainsi que l’on conçoit l’amitié chez nos voisins du Sud ? En laissant son ami s’enfoncer dans ses propres problèmes, sous prétexte de ne pas le critiquer, afin de ne surtout pas brusquer son précieux ego ?

Faudrait-il donc déduire que le fait de préserver et d’encenser son ego représenterait pour les Américains la priorité absolue, tant au niveau relationnel que national, même si cela requiert de se fermer les yeux et les oreilles devant toute critique, ce qui revient donc à continuer encore et toujours d’ignorer ses problèmes, et à se laisser ainsi sombrer dans la déchéance ?

Et dans ce cas, ne faudrait-il pas reconnaître qu’en affirmant et en démontrant que les États-Unis ne constituent pas le plus grand pays du monde, Jeff Daniels ne fait pas que répéter une évidence, mais se trouve en fait à mettre en lumière, de par la critique qu’il peut justement en faire, ce qui s’avère manifestement le problème le plus fondamental et donc le plus pressant de ces concitoyens, soit bien sûr cette obstination à vouloir se penser meilleurs que les autres, et à vouloir ainsi vivre dans un continuel déni de la réalité ?

Et en ce sens, ne se trouve-t-il pas à prouver que la critique peut s’avérer non seulement utile ou nécessaire, mais carrément salutaire ?

Et en bout de ligne, si quelqu’un veut se comporter comme un réel ami, que ce soit envers une personne ou un pays, ne devrait-il pas démontrer en fait qu’il n’a pas peur de le critiquer ?

Alors si l’on veut donc se retrouver avec de véritables amis, ne devrait-on pas veiller à faire en sorte qu’ils n’aient justement pas peur de nous critiquer, plutôt que de faire exactement l’inverse ?

Et ne devrait-on pas se montrer capable d’ouverture envers toute saine critique pouvant provenir des autres, et surtout de la part de ceux qui nous connaissent, et qui ne pourraient sans doute mieux démontrer leur amour qu’en sachant nous critiquer au besoin ?

Et en ce sens, ne devrait-on pas commencer par respecter au départ le principe même de la liberté d’expression, comme les Américains sont d’ailleurs les premiers à prétendre le faire ?

Ainsi, et comme cela s’avère si souvent le cas, la véritable question ne serait-elle pas tout simplement de joindre l’acte à la parole, en réalité ?

* Voici d’ailleurs quelques exemples de tels sites où toute critique de l’empire américain semble donc passible d’un verdict de haute trahison…

http://forum.sbrforum.com/saloon/1821116-most-honest-three-half-minutes-television-ever.html

http://www.reddit.com/r/videos/comments/xei5/the_most_honest_three_and_a_half_minutes_of/)

Deux bébés, deux mesures… jeudi, Juil 26 2012 

En ce moment même, le gouvernement québécois subventionne les multinationales que sont les alumineries de par l’octroi de tarifs préférentiels garantis par des contrats secrets..

Et pendant ce temps, il mène le combat contre les étudiants qui, selon le même gouvernement ainsi que ses supporteurs, commettent le crime insigne d’oser s’attendre à davantage de soutien de la part de l’État, et d’ainsi se cantonner dans la position de « bébé gâtés »…

Comment se fait-il donc que le fait de dépendre de l’État soit considéré d’une part comme étant tout à fait normal, sinon souhaitable, et que d’autre part il soit plutôt taxé d’hérésie, et jugé suffisamment répréhensible pour mériter des épithètes tels que celui de « bébé gâté » ?…

Comment le même comportement peut-il être perçu de deux manières aussi diamétralement opposées, et entraîner des réaction tout aussi contradictoires ?

Et si, en bout de ligne, l’État devait bel et bien se résoudre à « allaiter de ses mamelles » une certaine forme d’activité publique, et s’il lui fallait donc déterminer quel « bébé » serait le plus digne de son adoption, comment justifier le fait qu’il ait finalement jeté son dévolu non pas sur l’éducation, mais plutôt sur une activité industrielle qui, si elle n’était justement supportée par elle, s’avèrerait aussi peu rentable que polluante ?

Et comment, au départ, expliquer une décision consistant à prioriser des multinationales polluantes plutôt que nos propres étudiants ?

Pourquoi, en d’autres termes, s’acharner donc à maintenir sur un poumon artificiel un fossile de l’ère industrielle, surtout si, pour y arriver, il faut en fait priver d’air la prochaine génération, et compromettre ainsi son propre avenir

Car si une société peut se passer d’aluminium, peut-elle vraiment envisager pouvoir se passer d’éducation, du moins si elle entend continuer à justement constituer une société digne de ce nom ?

Et pour qui voudrait donc saboter son propre avenir, y aurait-il pourtant une meilleure cible à viser que l’éducation ?

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